Cours droit à l'éducation


L’EDUCATION : UN DROIT POUR TOUS

Problématique : L’éducation est-elle réellement un droit pour tous ? Quel est le rôle de la laïcité dans le droit à l’éducation ?

Vocabulaire : Droit à l’éducation, analphabète, laïque, laïcité, service public, devoir de l’état, collectivités territoriales.

Objectifs de connaissance :

*       Je dois être capable d’expliquer le droit à l’éducation et ses inégalités.

*       Je dois savoir quel est le rôle de la laïcité dans le droit à l’éducation en France.

*       Je dois être capable de distinguer les compétences de l’Etat, et des collectivités territoriales dans l’éducation.

Objectifs de savoir-faire :

*       Je dois être capable de lire une image.

*       Je dois être capable de répondre à des questions à partir d’un texte

 Introduction :

1)  Enfant : un mot qui en dit long

Le mot enfant nous vient du latin "infans" qui signifie : "celui qui ne parle pas."  Dans cette origine apparaît une idée bien particulière de l'enfant : "soit sage et tais toi !"
Pour exemples de cette situation :
Les pères gaulois, avaient droit de vie et de mort sur les enfants.
A Sparte (en Grèce), les enfants que l’on jugeait trop faible étaient jetés du haut d’une falaise.
Les lois romaines autorisaient les hommes à accepter ou refuser un enfant à sa naissance.
Il faut attendre le  XVIIIème siècle, les philosophes des lumières [(du grec philos amour et Sophia sagesse : amour de la sagesse, recherche de la connaissance), ce sont des hommes comme Voltaire, Rousseau, Montesquieu ou Diderot qui ont remis en cause la société et ses idées, en changeant notre regard sur l’éducation] et la Révolution française, pour voir les choses changer.
Nous avons l'abolition des privilèges (nuit du 4 août 1789)
l'adoption, le 26 août de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Les relations parents/enfants évoluent et la mère y prend toute sa place. En 1793 l'enseignement primaire devient obligatoire et gratuit.
Au 19ème siècle, Les choses changent vraiment :
1813 : Un décret interdit de faire descendre dans les mines les enfants de moins de 10 ans.
1841 : Une loi interdit l'emploi des enfants de moins de 8 ans dans les fabriques dont l'effectif est supérieur à 20 ouvriers.
1850 et 1867 : La loi Falloux (Ministre de l'instruction publique en 1849. Alfred Frédéric comte de Falloux : 1811-1886) établie l'obligation d'ouvrir une école de filles dans les communes de plus de 500 habitants. Bien que réaménagée cette loi est toujours en vigueur aujourd'hui.
1882 : La loi Ferry (Avocat, maire de Paris et homme d'État. Jules Ferry : 1832-1893) organise l'enseignement primaire obligatoire laïc et gratuit pour les enfants de 6 à 13 ans.
1936 : Scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans.
1959 : Scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans.
1989 : Adoption à l'ONU de la Convention Internationale des droits de l'enfant (CIDE). Elle comporte 54 articles. Son préambule (introduction)  insiste sur la nécessité d'accorder une protection spéciale à l'enfant. Et une éducation.
 
Les trois "P" de la Convention Internationale des droits de l'enfant
Sous cette expression des trois "P", on désigne les droits énoncés dans la Convention liés à :
1- la protection,
2- certaines
prestations (le droit de l'enfant à bénéficier par exemple de soins, d'éducation)
3- les droits dits de
participation (le droit de l'enfant à faire quelque chose, d'agir lui-même, dans la mesure de ses moyens, et de participer aux décisions qui concernent sa vie. On s'attache ici aux libertés de penser (art. 14), d'expression (art. 12), d'information (art. 13), d'association (art. 15).)
192 pays ont ratifié la convention. A noter que les États Unis ne l'ont pas signée car elle interdit la peine de mort pour les mineurs.
2003 : Le 12 juin est déclaré "Journée mondiale contre le travail des enfants" par l'ONU.
I] L’éducation un droit pour tous :

       A] Dans le monde : de nombreuses inégalités.

                   1) L’éducation, un droit inégalement reconnu

Sur les 2 milliards d’enfants (personnes de moins de 18 ans) qui vivent sur notre planète, 1.8 milliards vivent dans les PED (Pays En Développement) du Sud.
Il y aurait environ 400 millions d’enfants travaillant dans le monde, dont 250 millions ont entre 5 et 14 ans et même 60 millions ont moins de 10 ans.

2)  …pays développés et pays en développement

Les pays du Sud (pas de l’hémisphère sud, mais du sud de la ligne de fracture pays riche au Nord, pays en difficulté au Sud) rencontrent de nombreuses difficultés, malnutrition (alimentation  déséquilibrée, peu ou pas variée entrainant des carences en vitamine, pouvant se terminer par la mort) (842 millions de personnes en souffrent), analphabétisme (ne savoir ni lire, ni écrire), la pauvreté et bien sûr le travail des enfants.
Ces fléaux frappent surtout l’AFRIQUE, mais aussi l’Amérique latine (ou sud) et l’Asie.

3)   Des clivages  (des écarts, divisions)

 L’accès à l’éducation traduit également des différences.

Plus de 110 millions d’enfants âgés de 6 à 11 ans (soit 1 enfant sur 5) ne fréquentent pas l’école ; environ 20% de la population mondiale de plus de 15 ans est aujourd’hui analphabète (98 % sont des habitants des pays du sud). Nous vivons dans un monde où le droit à l’éducation est inégalement respecté. En effet, dans les pays développés, les enfants sont scolarisés, l’école est gratuite et obligatoire, exemple en France jusqu’à 16 ans. Mais, dans les PED et surtout les PMA (Pays les Moins Avancés) du Sud, l’éducation est un luxe que seul les enfants les plus aisés (riches) peuvent s’offrir, les autres travaillent pour survivre.

4)  La scolarisation des filles, un objectif :

Les deux tiers des 861 millions d’adultes analphabètes dans le monde sont des femmes, et sur l’ensemble des enfants non scolarisés, estimé à 115,4 millions, environ 56 % sont des filles. Elles montrent bien que les différences garçons filles dans l’éducation sont encore très importantes. L’Afrique freine la scolarisation des filles.
Des fillettes travaillent dans les plantations de cacao, de café, de thé, sont domestiques…
Le poids de la tradition est aussi un frein : Les mariages précoces – contractés pour alléger le fardeau économique d’une famille (Ethiopie 7 ou 8 ans).
Les filles peuvent par exemple être réduites en esclavage pour payer les dettes d’un parent.
Durant les années quatre-vingt-dix, des milliers de filles africaines ont participé directement aux conflits dans plusieurs pays du continent, en tant que combattantes, cuisinières, porteuses ou esclaves sexuelles.

B] En France de nombreux exclus

       1) Des lois importantes…

1882 : La loi Ferry (Avocat, maire de Paris et homme d'État. Jules Ferry : 1832-1893) organise l'enseignement primaire obligatoire laïc et gratuit pour les enfants de 6 à 13 ans.
1959 : Scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans.

  2) …mais incomplète.

En France, plus de trois millions de personnes vivent en situation d’illettrisme, soit près d'une personne sur dix, âgée de 18 à 65 ans et ayant été scolarisée en France,

II] La laïcité : l’égalité devant l’éducation :

       A] Des lois :

Selon l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et l’article 10 rajoute « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».
Ainsi pour renforcer ces libertés et égalités, les lois Ferry ont rendu l’école obligatoire, gratuite et laïque, confiant l’instruction religieuse à la famille. En 1905, cette séparation des domaines politique et religieux, c'est-à-dire de l’Eglise et de l’Etat se nommera laïcité.

B] La religion : une affaire privée :

                   1) L’école : un lieu d’intégration.

L’instruction doit être gratuite, obligatoire et laïque afin que quelque soit le niveau de richesse, l’origine, les croyances, …, un enfant puisse aller à l’école, s’instruire, se construire un avenir. L’école est un lieu d’éducation et d’intégration de tous sans discrimination (sans différence d’origine, de religion…). C’est pourquoi, les signes ostentatoires (voyants) d’appartenance à une religion et tout prosélytisme sont interdits. Ainsi, tous les enfants sont égaux et la religion est renvoyée dans le domaine privé. On apprend le respect et la tolérance.
LA FRANCE EST UN PAYS LAIQUE où TOUS LES HOMMES/FEMMES PEUVENT PRATIQUER LA RELIGION DE LEUR CHOIX A CONDITION DE RESPECTER LA LOI.

III] L’école : mission de l’Etat.

Les collectivités locales ou territoriales sont formées des régions, départements et communes (villes).
Les communes sont en charge des écoles maternelles et primaires
Les départements s’occupent des collèges
Les régions sont en charge des lycées
L’Etat se charge des universités. Ils paient les professeurs. Le ministre de l’éducation fixe les programmes.

Conclusion :
L’éducation n’est pas un droit reconnu pour tous. En effet, au nord, dans les pays développés, l’école est gratuite et obligatoire, souvent même laïque, permettant d’instruire filles et garçons sans discrimination. L’école est un lieu d’éducation et d’intégration qui apprend à vivre ensemble dans le respect et la tolérance.
Mais, cela n’est pas le cas partout. Il y aurait 400 millions d’enfants travailleurs dans le monde. Ils vivent dans les pays du Sud, PED et surtout PMA, souffrant de pauvreté, de retard au développement, de malnutrition, de guerre et d’analphabétisme. L’Afrique est le continent le plus frappé par ces fléaux. Les enfants et plus particulièrement les filles sont les premières victimes.

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