De Russie à URSS

DE LA RUSSIE A L'URSS : D'UNE DICTATURE A l'AUTRE

Explication du vocabulaire :

v  Tsar : Le mot désigne les empereurs de Russie. C’est la forme slave du mot César.

v  Autocratie : Forme de gouvernement où le souverain exerce une autorité sans limite. Le tsar Nicolas II (1894-1917) était un souverain autocrate malgré l’existence d’une assemblée élue à la suite de la Révolution de 1905, sans pouvoir, la Douma.

v  Menchéviks et Bolcheviks : le premier terme désigne les «minoritaires », le second les «majoritaires » : deux groupes issus en 1903 du Parti Social Démocrate. Les Bolcheviks partisans d’une révolution immédiate, sont dirigés par Lénine ; ils sont les artisans de la Révolution d’octobre.

v  Soviet : En russe : « comité ». C’est un conseil de délégués chargés de gouverner et d’administrer. La Révolution de 1917 entraîna la naissance du régime soviétique.

v  Communisme : Système qui repose sur la propriété collective des moyens de production, il est caractérisé par la disparition des différentes classes sociales.

v  Capitalisme : caractérisé par la propriété privée des moyens de production et par le respect des classes, l’argent étant le centre de cette doctrine.

v  Prolétariat : ensemble des prolétaires, c’est à dire ceux qui ne possèdent aucun moyen de production ou d’échange, ne disposent que de leur force de travail pour laquelle ils reçoivent un salaire.

v  Goulag : camp de prisonnier.

v  Sovkhoze : ferme d’Etat où chaque travailleur reçoit un salaire fixe : la terre, le matériel, les productions et les revenus sont la propriété de l’Etat.

v  Kolkhoze : exploitation agricole collective en U.R.S.S. L’Etat est propriétaire du sol mais confie les terres au kolkhoze. Les paysans du kolkhoze reçoivent un salaire minimum et une part des bénéfices selon leur travail. Ils peuvent posséder et exploiter un lopin (petit bout de terre) individuel dont ils vendent librement les produits sur le marché kolkhozien.

 Koulaks ou Nepmen : paysans de la NEP (Nouvelle Economie Politique), accusés d'enrichissement sous Staline et déportés dans les goulags.

 Situation de la Russie d'avant la guerre :

            Lorsque Nicolas II arrive au pouvoir en 1894, il poursuit la même politique absolutiste que ses prédécesseurs, c’est à dire un pouvoir personnel, sans limite (autocratie), une russification de toutes les populations de l’empire (assimilation des polonais par exemple, moyen d’écraser les résistances) et une industrialisation dans un pays qui n’a pas fait sa Révolution agricole et dont la population est à 80 % rurale. Il est soutenu par la noblesse et par l’Eglise. Orthodoxe. Mais il est faible, sa famille est le centre de savie et l'Hémophilie de son fils vécue comme une malédiction.

            En 1914, la Russie apparaît aux contemporains comme un Etat puissant, stable et en croissance économique rapide, «un rouleau compresseur », dit-on en France. Elle est une alliée sûre et capitale face à l’Empire allemand (Triple Entente : France, Grande-Bretagne, Russie et Triple Alliance : Empires allemand et austro-hongrois et Italie jusqu'en 1915).

            Pourtant, la réalité est tout autre, en effet, le pays demeure essentiellement agricole : les paysans (les moujiks) libérés du servage depuis 1861, ont beaucoup de mal à racheter les terres et sont contraints de partir vers la ville. Il existe une noblesse privilégiée, qui possède la plupart des terres. Il y a une bourgeoisie commerçante, qui s’est fortement enrichie, mais, elle aspire à partager le pouvoir avec le Tsar et à fonder un régime parlementaire. D'ailleurs, en 1905, elle a forcé le tsar a partagé le pouvoir avec un parlement : une Douma. Mais peu à peu, Nicolas II vide cette assemblée de tout pouvoir, laissant la bourgeoisie sur sa faim de pouvoir.

            Lorsque la Russie entre dans la guerre de 1914-1918, personne, à par Lénine, (il dit en 1914 que « la guerre est le plus beau cadeau fait à la révolution »), ne pense que le conflit va être à l’origine de la chute du Tsar et de l’établissement du premier régime socialiste. En effet, la Russie, tout comme les autres pays d’Europe, connaît l’union sacrée, le nombre des déserteurs au moment de l’entrée en guerre étant infime. Tandis que l’opposition au tsarisme semble plus divisée que jamais, une vague de germanophobie gagne le pays. Saint-Pétersbourg, au nom allemand, est rebaptisée Pétrograd. Appelant à une attitude défaitiste et estimant qu’il faut encourager toutes les forces qui contribueront à la défaite de la Russie, Lénine qui dirige la tendance bolchevique au sein du parti social-démocrate, est isolé.

            Comment en l’espace de trois ans est-on passé d'une monarchie absolue de droit divin à la dictature du prolétariat : d'une dictature à l'autre ? Comment un empire qui semble solide a-t’il pu se démanteler et passer d’un régime impérial à un régime socialiste devoyé par un dictateur ? Avec quelles conséquences ?

Les causes des deux Révolutions de 1917 :

Les causes des Révolutions de 1917 sont multiples. Elles ne font pas leurs apparitions en 1917, ni en 1914, elles sont plus anciennes. Depuis, le début du XXeme siècle, la politique autocratique tsariste s’oppose aux libéraux (bourgeois) et aux socialistes révolutionnaires (bolcheviks). En 1905, à la suite de la défaite contre le Japon et d’une crise alimentaire grave, des grèves éclatent. Le 9 janvier 1905, à Saint-Pétersbourg, une manifestation est écrasée dans le sang, c’est le «Dimanche rouge ». Une révolution s’étend durant l’année 1905, les ouvriers forment des conseils (soviets). Le plus important d’entre eux, le soviet de Saint-Pétersbourg est présidé par Trotski, membre du parti social démocrate. Nicolas II doit accepter l’élection d’une assemblée au suffrage universel, la Douma, mais elle ne jouera qu’un rôle secondaire. Mais, peu à peu, il récupère tous ses pouvoirs et la Douma n’est plus qu’une tribune où les opposants au régime viennent exposer leurs idées.

Le Tsar n’est pas conscient des graves problèmes que rencontre son pays. Il est certain que la Russie sous son règne a progressé économiquement, mais seuls les plus riches en ont profité. Les paysans et les ouvriers sont totalement exclus de cette croissance. Les premiers ne possèdent pas les terres et cultivent des espaces trop réduits pour leur permettre de vivre de leur travail. Les seconds sont les otages du capitalisme qui se développe avec l’industrialisation.

            Lorsque débute la guerre, la Russie, ce rouleau compresseur, n’est pas encore pour le monde, le géant au pied d’argile. La mobilisation se fait rapidement et 1914 permet aux russes d’avancer, jusqu’à la bataille de Tannenberg qui fixe le front. L’essentiel ne se joue pas sur ce front. Malgré les défaites de l’armée dès la fin de 1914 et début 1915, le front russe tient bon, malgré une armée mal commandée, mal armée. Elle compense le manque d'arme par l'envoi d'un grand nombre de soldats. C'est une boucherie. De plus l’économie et le pouvoir politique se décomposent. Immense pays encore largement rural, la Russie est coupée de l’industrie européenne, son principal fournisseur, et son économie est désorganisée par la guerre. Dans les villes on manque de tout (farine, viande, charbon…), les prix flambent (le sac de farine qui coûtait 6roupis 50k en 1914 vaut 40 r en 1917, la livre de viande dans la même période est passée de 10 à 12kopeks à 60 à 70k…), les salaires augmentent mais dans une proportion beaucoup moins grande, les prix sont multipliés par 6, 7 ou 8, alors que les salaires seulement par 2. Donc, le pouvoir d’achat des russes baissent. Dans le même temps le chômage se développe, la disette menace, la famine se rapproche. 

            Afin de palier à tous ces manques et de montrer l’incompétence du régime, des comités de quartiers se mettent en place afin d’aider la population. Ils prennent en main les problèmes de santé, de ravitaillement et de fabrication de matériel de guerre. Ces personnes sont proches des russes, ils apportent leurs idées libérales ou socialistes qui peu à peu pénètrent les esprits. L’erreur de l’état russe est qu’à aucun moment, il n’a essayé de récupérer ces comités, car, une prise de pouvoir du peuple lui semblait impossible.

            Le pouvoir ne maîtrise plus la situation. Commandant suprême des armées, Nicolas II est déconsidéré par les nombreuses défaites, les millions de morts, de blessés et de prisonniers, et l’impératrice, d’origine allemande, est soupçonnée de trahison. L’armée n’a plus les moyens matériels de continuer. Pourtant, l’état major envoie les hommes se battre, comme des animaux à l’abattoir.

            Fin 1916, dans une atmosphère de crise politique illustrée par l’assassinat du moine Raspoutine, très influent auprès de l’impératrice, les grèves se multiplient, l’agitation gagne l’armée. plus encore, l’année 1917, voit s’effondrer le pouvoir du Tsar et de la Russie. Les mutineries, les désertions se multiplient (plus d’un million). Ils réclament du Pain, la Paix et le Partage des terres.  Les soldats-paysans ne veulent plus jouer les pions ou les chairs à canons des états major, ils ne reçoivent plus de ravitaillement. Ils sont loin de chez eux, ils ne savent pas pourquoi ils se battent. Des rumeurs courent sur un prochain partage des terres, ils ont peur d’en être exclus. Les privations à l’arrière atteignent leur paroxysme, plus rien à manger, ni de moyen de chauffage. Les allemands et les austro-hongrois avancent dans le pays, ils occupent tout l’ouest, la partie la plus développée économiquement. Ils favorisent le sentiment antirusse. C’est un pays exsangue, ruiné économiquement et affaibli politiquement que viennent surprendre « les journées de février 1917 ».
A noter que la révolution de février 1917 est vécue comme un échec par la population russe. En effet, la bourgeoisie prend le pouvoir et veut instaurer une monarchie parlementaire. Mais il n'est pas question de paix, ni de partage des terres. C'est pourquoi, une seconde révolution éclate en octobre-novembre 1917, ménée par les Bolchéviks pour mettre en place un régime communiste avec la dictature du prolétariat.

La Russie de Lenine :

            La Russie soviétique de 1917 à 1922

Aussitôt le nouveau régime prend les premières mesures. Le Conseil des commissaires du peuple (gouvernement) décide de supprimer les grandes propriétés agricoles, de donner le contrôle des usines aux ouvriers et reconnaît l’égalité et la souveraineté (droit de constituer un pays à part) aux peuples de Russie (minorités jusque là russifiées de force). Le 3 mars 1918, le gouvernement bolchevik signe la paix avec l’Allemagne à Brest-Litovsk. Aux élections de janvier 1918 pour l'assemblée constituante, les Bolcheviks n'obtiennent que 25 % des voix. Ils décident de supprimer l’assemblée et de faire du parti bolchevik, désormais le parti communiste, un parti unique.

            En instaurant une dictature, c’est à dire un pouvoir fort, basé sur un homme et un parti, les bolcheviks suivent leur programme. En effet, c’est une étape vers une société sans classe, où l’égalité est parfaite, personne n’est supérieur, ni plus riche...Dans cette idée, il pratique l’épuration et instaure un régime de terreur. Ils éliminent des soviets les hommes et les femmes qui ne leurs semblent pas adhérer à toutes leurs idées. Il en est de même pour la famille impériale, qui est massacrée en juillet 1918. Cette épuration ou élimination peut passer par la mort ou par la déportation. En effet, bien avant Hitler, les communistes ont mis en place des camps de travail, les goulags, où les hommes et les femmes étaient déportés. Ces bagnes se trouvaient dans les parties les plus froides du pays et les prisonniers travaillaient jusqu’à l’épuisement ou à la mort. Ils travaillent sur des chantiers, chargés de construire par exemple des canaux, comme celui entre le Don et la Volga, ou des voies ferrées ou encore des centrales hydroélectriques. Ainsi, ils pensaient se débarrasser des ennemis de la révolution, tout en développant les régions hostiles. Par la terreur, ils ont cru stopper la résistance et arriver plus rapidement au stade suprême du communisme, une société sans classe. Une utopie (rêve irréalisable) qui a coûté cher aux russes.

            Les premières mesures prises par le pouvoir révolutionnaire multiplient ses adversaires. Les socialistes révolutionnaires, qui s’appuient surtout sur les paysans, lui reprochent la paix et le régime du parti unique. Les « Blancs », anciens partisans du tsar, prennent les armes en Ukraine, en Sibérie, dans les pays baltes. Ils reçoivent l'appui des anciens Etats alliés de la Russie qui lui reprochent la signature de la paix séparée et craignent l'extension (contagion à toute l'Europe) de la révolution: Anglais, Français, Japonais, Polonais fournissent aux armées « blanches »des armes et des hommes. Le territoire contrôlé par les Bolcheviks se réduit à la région de Moscou.

            Pour sauver la révolution, Lénine organise le communisme de guerre, c'est-à-dire qu'il donne à l’Etat tous les pouvoirs, c'est une vrai dictature qui commence. Une police politique, la Tcheka, pourchasse tous les opposants. L'économie est nationalisée (tout appartient à l’Etat, qui n’a donné aucune indemnité) ; les récoltes sont réquisitionnées par des brigades ouvrières (c’est la famine générale, l’Ukraine par exemple perd plus d’un million d’habitants). Le travail est obligatoire de 16 à 50 ans dans les usines désormais contrôlées par l’Etat. Sur le plan militaire, Trotski organise l’Armée rouge. Celle-ci écrase les armées blanches (qui ne peuvent se mettre d’accord en cas de victoire sur le successeur du Tsar) et, dès 1919, les Alliés évacuent la Russie.

            En 1921, la révolution bolchevique est sauvée, mais le pays est ruiné économiquement. Les trois années de communisme de guerre ont donné au nouveau régime les moyens d'une dictature: Le 1e 1er mars 1921, les marins de Cronstadt, pourtant parmi les tous premiers révolutionnaires, se révoltent au cri de « Vive les soviets ! À bas les communistes ! ». Leur mouvement est écrasé par l’Armée rouge. En mars 1921, Lénine décide d'un changement de politique au moins pour ce qui concerne l’économie, c'est le début de la NEP (nouvelle politique économique). Il tolère l’existence d'un secteur privé pour les petites et moyennes exploitations agricoles et les entreprises industrielles. Parallèlement, il aide le secteur socialiste d’état à se développer. De, cette concurrence, il espère une croissance économique.

            Mais l’organisation du parti communiste est renforcée. L’URSS, (Union des Républiques Socialistes Soviétiques), créée en 1922, est un Etat fédéral, incluant toutes les nations, mais le principe d’autonomie, affirmé en novembre 1917, n’est pas respecté. La constitution de 1924 n’instaure pas de véritable séparation des pouvoirs et subordonne les organes de l’Etat à ceux du parti unique. Les opposants grossissent les rangs des camps de concentration.

L'après Lenine ou comment peut-on passer de la dictature du prolétariat à la dictature personnelle de Staline ? 

            À la mort de Lénine en 1924, Staline, secrétaire général du parti communiste de l’Union Soviétique, écarte son principal rival, Trotski, qu’il fait expulser, puis assassiner au Mexique quelques années plus tard. Il élimine tous les amis de Lenine : Zinoviev, Kamenev...sous des pretextes totalement inventés. Dès 1928, il contrôle l'essentiel du pouvoir en URSS.

            Au plan économique, le pays a aussi beaucoup souffert de cette période de guerre mondiale, de révolutions, de guerre civile. Dès 1917, le gouvernement de Lénine a pris des décrets concernant l’abolition de la grande propriété agricole et donnant le contrôle des usines aux ouvriers. Mais en 1921, devant l’urgence et la situation économique dans ce pays où règne la famine, il adopte la Nouvelle Politique Economique, la NEP, fondée sur un retour partiel au capitalisme pour relancer les productions. En 1928, quand Staline (il va mettre 4 ans à éliminer soigneusement tous les hommes capables de prendre la suite de Lénine, soit en les exilant comme Trotski soit en les tuant comme Zinoviev. Il instaure peu à peu un culte de la personnalité, d’abord de Lénine, puis de lui-même) prend le pouvoir, le niveau des productions de 1913 est retrouvé. Staline abandonne la NEP : c'est le début d'une nouvelle expérience économique.

            En mettant fin à la NEP, Staline veut pour l’URSS un socialisme total. (En effet, en 1928, la production stagne sur des exploitations mal équipées. La faible croissance industrielle entretient un fort chômage). L'instrument de cette économie est la planification (l’économie est totalement contrôlée par l’Etat, qui organise tout, de la semence à la vente) . Le premier plan quinquennal (plan de développement économique étalé sur cinq ans) est mis en application de 1928 à 1932. La priorité est donnée à l’industrie lourde. Ce choix répond au souci de développer la classe ouvrière, mais aussi de faire de l’URSS une grande puissance industrielle, modèle pour le reste du monde. À l’issue du troisième plan quinquennal, en 1941, la réussite dans le domaine de l'industrie est spectaculaire. L'URSS est devenue la troisième puissance industrielle mondiale ; elle assure 12 % de la production de la planète contre 4 % en 1913. La production d'énergie, la sidérurgie, les constructions mécaniques et d'armement sont les activités qui ont le plus progressé. Par contre, les industries de biens de consommation sont loin d'avoir suivi ce rythme.(On manque de nourriture, vêtements, de ...).  Staline montre la réussite de sa politique, lorsqu'en 1929, une crise économique frappe le monde capitaliste et que seule l'URSS vivant en autarcie totale (sans contact avec l'extérieur) n'est pas touchée.

            Le choix de l’industrialisation s'est fait en grande partie au détriment de l’agriculture. Staline veut faire disparaître le secteur privé et décide en 1929 la collectivisation de toutes les terres. Les koulaks (les moyens propriétaires terriens) sont expulsés, déportés, parfois tués. Staline les déclare responsable du manque de production et ces hommes refusent de donner leurs terres si chèrement acquises. En 1933, 84 % des paysans travaillent dans le cadre d'exploitations collectives, sovkhozes ou kolkhozes ; ils n'étaient que 21 % en 1929. La brutalité du mouvement entraîne une désorganisation des campagnes et une grave famine en 1932-1933. Malgré quelques mesures favorables dans les deuxième et troisième plans quinquennaux, la production agricole reste insuffisante en 1940 pour assurer le ravitaillement de la population. Les rationnements font partie de la vie quotidienne, tout comme la queue devant les magasins.

            La population soviétique, forte de 170 millions d'habitants à la veille de la Seconde Guerre mondiale, se transforme peu à peu sous l’effet de la politique économique. Le nombre de citadins augmente à cause de l’industrialisation. Ainsi, Staline concentre la population près des usines, il peut facilement les surveiller et pousse à la délation. Un plus grand nombre de Soviétiques accède à l’instruction. Mais la diffusion des progrès est lente et la suppression de la propriété privée ne réduit pas toutes les inégalités. Les conditions de vie des paysans restent très médiocres ; le travail des ouvriers, 56 heures par semaine, demeure pénible. Pourtant, ils sont le symbole du communisme. Par exemple, un ouvrier très productif a donné son nom a une expression désignant un travail acharné, « stakhanoviste ». Cet homme se nommait Stakhanov et des statues de lui, modèle de l’ouvrier, ont fleuri un peu partout. En fait, la propagande s'est emparée de cette histoire créant un mythe afin de manipuler les travailleurs. L'intelligentsia (les intellectuels qui suivent les idées du parti) est la nouvelle élite, constituée entre autre des dirigeants de l’Etat et du parti, elle profite largement du régime, alors que la vie quotidienne reste très difficile pour la majeure partie de la population.

            De 1928 à 1941, l’URSS est dominée par la personnalité de Staline. II met en place un régime où l’Etat utilise tous les moyens à sa disposition pour prendre en main chaque individu, pour imposer un modèle unique : c'est un régime totalitaire.

            Dès 1928-1929, il concentre l’essentiel du pouvoir, i1 ne tolère aucune opposition. Le parti unique joue le rôle essentiel dans la vie politique : il est dominé par Staline qui 1e « purge »des membres qui le gênent. Le parti encadre la population qui est surveillée par la police politique, le NKVD créé par Staline. Le parti diffuse les idées de Staline et organise autour de lui le culte de la personnalité. Toutes les religions sont interdites, elles sont dites ennemies de la révolution. Marx, père du socialisme, comparait la religion à une drogue (l'opium) pour le peuple. La jeunesse est embrigadée, endoctrinée ; les artistes doivent glorifier Staline, la censure veille. Staline "règne" par la force grâce à sa police secrète NKVD (qui deviendra le fameux KGB), la censure, les goulags, la propagande.  Ainsi, malgré la privation des libertés et les exécutions, la propagande assure au « petit père des peuples » (surnom de Staline) une grande popularité.

            À partir de 1934, la dictature stalinienne s'accentue. L'URSS connaît alors une période de terreur. Au cours des grands « procès » sont même condamnés des Bolcheviks qui ont fait la révolution d'octobre 1917 au côté de Lenine. Entre 1932 et 1940, 6 millions de Soviétiques ont été déportés dans des camps, le Goulag, et un million y sont morts. Ce sont des Koulaks ou Nepmen (soit disant paysans s'étant enrichis pendant la NEP), des religieux, des pseudos ennemis de la révolution et surtout des victimes de la paranoiä de Staline.

 CONCLUSION :

            Ainsi Staline domine toute la période 1928-1941. C’est bien la « période stalinienne », qui d'ailleurs se prolonge jusqu'à la mort du dictateur en 1953. L'ampleur des changements économiques dans cet Etat, qui est le premier à avoir rompu avec l’économie capitaliste, la répression sanglante conduite par cette dictature sans pitié ont révélé au monde un des principaux dictateurs du XXe siècle. L’URSS en 1939 est la troisième puissance industrielle du monde, mais à quel prix. Elle subit un des pires régimes de cette première moitié de siècle. Et ce rang, dont Staline est si fier, n’est en fait qu’un leurre, la réalité montre en fait que l’URSS est un pays où les gens meurent de faim et de froid. Staline ne pense qu’à augmenter la puissance de son pays et c’est pourquoi, il signe le pacte de non agression avec l’Allemagne nazi en août 1939, afin de récupérer une partie de la Pologne. Il oublie un peu vite que l'ennemi juré du nazisme est le communisme.