Cours Crise et Front Pop

LA France FACE AUX CRISES DES ANNEES 30

Rappel de cours :
Le bilan de la guerre est très lourd pour la France. C’est le pays qui a le plus souffert du conflit.
La France des années 20 : le poids de la guerre :

En 1918, la France sort victorieuse de la 1ere guerre mondiale. Mais, elle est ruinée, le Nord et l’Est du pays sont totalement rasés, le sol est infertile. Elle est exsangue, 1 400 000 morts et 1 100 000 invalides. Elle doit payer des pensions aux anciens combattants, aux veuves et aux orphelins. Pour cela et pour payer la guerre, elle s’est endettée auprès des Etats-Unis (devenu la première puissance mondiale et le banquier du monde.
Elle compte sur les remboursements des frais de guerre de l’Allemagne (déclarée seule responsable du conflit). Pour pousser l’Allemagne à rembourser, en 1923, elle occupe la Ruhr, cœur économique du pays. Car la France fait face à une inflation (augmentation des prix) et à une dévaluation (perte de valeur) du Franc.
Alors que la France commence à relever la tête, une crise économique frappe le monde capitaliste.

« Le jeudi 24 octobre 1929, à la Bourse de New York, les spéculateurs vendent treize millions d'actions. Les valeurs américaines s'effondrent, 7 à 9 milliards sont perdus en 104 minutes. Malgré les bonnes paroles du président Hoover, les spéculateurs ruinés vident leurs comptes bancaires, les banques ne peuvent plus faire face et cessent de soutenir les cours. C'est un krach boursier comme on n'en avait jamais vu qui donne lieu à des scènes d'hystéries, des ruines spectaculaires et de nombreux suicides. Ce "jeudi noir" marque le début de la grande crise économique des années trente. La production et la consommation baissent. 22 000 entreprises font faillite en 1929 et, entre 1929 et 1933, 4000 banques connaissent la banqueroute. Les E.U. passent de 1,5 millions de chômeurs en 1929, à 12 à 14 millions de chômeurs quatre ans plus tard ».

La France et la crise des années 30.

              A] Une crise pernicieuse (nuisible, destructrice).

            La France est majoritairement rurale, avec de nombreuses petites entreprises industrielles (à la limite de l’artisanat), au commerce replié sur son vaste empire colonial.

            La France est touchée fin 1931. Les manifestations de la crise sont moins brutales au départ : surproduction et stocks agricoles, recul de la production et faillites industrielles, chômage (900 000 chômeurs en 1935). La crise est donc en France plus pernicieuse, puisque sa gravité n’alerte pas immédiatement l’opinion publique et les gouvernements. Elle y dure donc plus longtemps qu’ailleurs.

            C’est en 1935 que la France atteint le fond de la crise. Le marasme éco provoque une instabilité des gouvernements qui dégénèrent en une remise en cause politique de la IIIe république.

             B] Les progrès de l’antiparlementarisme :

            Installation durable de la crise + valse des ministères = paralysie (faute de majorité solide au parlement) + scandales financiers (affaire Stavisky) = mécontentement contre le régime démocratique. Des ligues d’extrême droite apparaissent (ex : Action Française ou les Croix de feu…). Elles sont Antiparlementarisme,  Antisémitisme, Xénophobie. Le 6 février 1934 : coup d’état contre la république.

              C] Le Front populaire :

         En juillet 1935, les partis de gauche se rassemblent au sein du Front populaire (SFIO, PC et radicaux de gauche) avec le slogan « Pain, Paix, Liberté ». Lutter contre le fascisme (extrême droite), sortir de la crise économique.

            Il triomphe lors des élections législatives de mai juin 1936. Léon Blum (secrétaire général de la SFIO parti majoritaire) devient président du conseil. C’est la grève générale. Les accords de Matignon du 7 juin 1936, satisfont les attentes populaires et doivent permettre par l’accroissement du pouvoir d’achat, de sortir de la crise. Hausse des salaires de 7 à 15 %, la liberté syndicale dans l’entreprise, la création des délégués d’entreprise, les 15 jours de congés payés et la semaine de 40h au lieu de 48h.
            
Dissolution des ligues d’extrême droite, augmentation du budget militaire. 
        
 Front populaire nationalise des usines d’armement, créée l’office du blé et la SNCF, réforme la Banque de France, scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans…
          
 Mais les difficultés apparaissent rapidement : la guerre d’Espagne et l’intervention française divisent la majorité (PC oui autres non ou incertain), hostilité des milieux d’affaires freinant la reprise, antisémitisme, fuite des capitaux (peur révolution communiste comme URSS), baisse production et hausse des prix, baisse du pouvoir d’achat et chômage. Echec à sortir de la crise. 
          
 En avril 1938, le Front Populaire meurt. Le gouvernement Daladier met entre parenthèses toutes les réformes et prépare la guerre.

 

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