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I) Richesses et difficultés du territoire japonais

1) Qu'appelle-t-on l'archipel japonais ?

Un archipel est un groupe d'îles.
Le Japon en compte de très nombreuses, environ 4000, dont les quatre principales : Honshu, Kyushu, Shikoku et Hokkaido.
C'est un pays insulaire (se dit d’un pays formé d’une ou de plusieurs îles)

2) Quelles sont les richesses naturelles du Japon ?

La première richesse naturelle est la mer. Le Japon domine une vaste zone maritime de plus de 4 millions de km2 qui lui permet d'être l’un des premiers producteurs de produits de pêche au monde. Son aquaculture (culture d'espèces aquatiques, comme les coquillages et poissons) est très développée.

Cette richesse maritime compense en partie l'absence de ressources minières, qui l’oblige à importer ses ressources énergétiques, comme le pétrole,  Le Japon dépend de l’extérieur (il doit importer ses matières premières : ex. fer, pétrole).

Mais aussi une grande part de ses produits alimentaires (-5% des terres sont cultivables).

Le Japon possède d’autres richesses naturelles : les forêts qui couvrent 68 % du territoire (le bois).

3) Quelles sont les principales difficultés du territoire japonais ?

Comment les Japonais parviennent-ils à les maîtriser ?

Les difficultés du territoire du Japon sont nombreuses :

- une surface habitable réduite qui se limite aux étroites plaines littorales (l'intérieur est montagneux, volcanique et forestier) = exiguïté ;

- de hauts risques naturels : des séismes (ex. celui de Kobe en 1995 :  6300 morts), qui provoquent des raz-de-marée (tsunamis : vagues géantes), de nombreux volcans (10% des 700 volcans actifs dans le monde sont au Japon), des typhons (cyclones).

Mais les Japonais ont appris à maîtriser ces difficultés :

- Ils gagnent des espaces sur la mer en construisant des terre-pleins (terrains artificiels gagnés sur la mer) – ex. port industriel de Kobé ;

- Des ponts et des tunnels relient les îles entre elles ;

- Les bâtiments ont des fondations antisismiques (bases mobiles) ;

- La population est éduquée pour faire face aux risques (exercices d'évacuation). 

4) Dans quelle partie du territoire la population japonaise est-elle concentrée? En quoi la répartition de la population contribue-t-elles à aggraver les risques naturels ?

La population et les activités sont concentrées sur les étroites plaines littorales, surtout au Sud où s’est formée la Mégalopole Tokyo-Fukuoka (vaste ceinture urbaine) regroupe 84% des Japonais. C’est le Japon de l’endroit. La capitale du Japon est aussi la plus grande agglomération du monde avec 33 millions d'habitants (3X Paris). Les villes de la Mégalopole sont reliées entre elles par le TGV japonais : le shinkansen.

La présence humaine contribue à aggraver l’impact des risques naturels car le surpeuplement et l’urbanisation des plaines littorales provoquent un accroissement du nombre des victimes (en cas de tsunami ou de séisme) et augmentent les risques d’inondation (l’eau ne s’infiltre plus suffisamment. L’industrialisation du littoral provoque par ailleurs l’une des plus fortes pollutions maritimes au monde, qui s’ajoute à la pollution atmosphérique.

II) Formation et organisation de la puissance japonaise

1) Qu'est-ce que le « miracle japonais » ? Comment le Japon est-il devenu une grande puissance industrielle ?

L’expression " miracle japonais " désigne le redressement spectaculaire du Japon après sa lourde défaite de 1945. Après être sortis vaincus et ruinés de la Seconde guerre mondiale, les Japonais parviennent à remobiliser leur force de travail dès les années 50 pour reconstruire rapidement leur pays avec l'aide des États-Unis.

Des années 1960 à 1980 le Japon connaît une forte croissance économique et industrielle (croissance annuelle du PIB de presque 10% % dans les années 1961-1973)  qui se traduit par l’urbanisation et l'industrialisation de la façade littorale Pacifique tournée vers l'extérieur (exportation) et la formation de la Mégalopole.

La situation économique du Japon aujourd’hui

Malgré un léger affaiblissement de son économie (crise boursière asiatique des années 1990) le Japon reste la deuxième puissance industrielle du monde, derrière les USA. Il connaît une reprise économique au début des années 2000 ; aujourd’hui sa croissance reste faible (2% en 2007). Il parle de la « décennie perdue » car la croissance reste trop basse, entrainant chômage et remise en cause du modèle japonais. Aujourd’hui, la crise qui frappe le monde renforce le malaise japonais.

- Le Japon est devenu une grande puissance industrielle, notamment grâce à sa production d'automobiles, d'acier, de produits audiovisuels et multimédias.

- Des marques japonaises comme Honda, Toyota (automobile), Yamaha (motos, instruments de musique) ou Sony (électronique) sont présentes dans le monde entier.

- Cette production industrielle est d’abord tournée vers l'exportation : la balance commerciale (différence entre exportations et importations) est ainsi excédentaire (plus d’exportations). Cet excédent est aussi dû en partie au protectionnisme de l'économie japonaise : l’entrée de produits industriels étrangers reste limitée (frais de douanes élevés).

Le « toyotisme » (mode d’organisation du travail créé par Toyota) permet de

-          Rationalisation et optimisation de la production : un même ouvrier travaille sur plusieurs machines d'assemblage

-         Système reposant sur  l'efficacité de l'appareil productif  et sur la qualification de la main-d’œuvre.

-     Adaptation du cycle de production aux commandes effectives de véhicules

-          Réduction des coûts de production, quasi absence de stocks, rapidité des séquences de montage (production à flux tendu)

-         Toyota devient ainsi l'un des constructeurs les plus performants du monde

 2) Quels sont les trois " acteurs " de la puissance japonaise ?

1.  L'Etat : au sommet de l’État le ministère du commerce extérieur et de l'industrie (le MITI) et le ministère des finances aident les entreprises à développer leurs activités, leurs recherches et à commercialiser leurs produits

= action de coordination de l’économie.

2. Les entreprises (parmi les plus puissantes du monde) ont une politique commerciale agressive et recherchent en permanence l'innovation technologique (priorité à la recherche-développement : recherche appliquée dans l’industrie).

Elles forment de puissants groupes industriels appelés les keiretsu (ex. Mitsubishi, Mitsui, Sumitomo, Fuyo (Banque Fuji), D.K.B. (Banque Dai-Ichi Kangyo) et Sanwa (Banque Sanwa).

En 2000 les six grands keiretsu (Mitsui, Mitsubishi, Sumitomo, Fuyô - ex‑Yasuda - Sanwa et Daiichi) rassemblaient quelque 800 entreprises, employaient 1,6 million de salariés et représentaient environ le quart du capital de l'ensemble des sociétés japonaises.

Les sōgō shōsha sont des maisons de commerce qui servent d'intermédiaire dans les échanges commerciaux.

3. Les Japonais eux-mêmes, éduqués et formés pour servir l'économie du pays, avec un sens élevé de la hiérarchie et de la discipline (obéir au père, au maître, au patron).

Quelles sont les limites de la puissance japonaise ?

- le Japon est encore une faible puissance politique et militaire (qui s’explique par sa défaite à la fin de la Seconde guerre mondiale) : pas de siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU (négociations en cours pour que le Japon l’obtienne, mais opposition de la Chine), pas d’arme nucléaire (mais reconstitution d’une armée forte) ;

- ce n’est pas une puissance démographique, de plus croissance démographique négative (plus de décès que de naissance) et population vieillissante (plus de 20% pop a plus de 65 ans);

- son rayonnement culturel est plus limité que celui des États-Unis (obstacle de la langue) – mais succès croissant des mangas (bandes dessinées et dessins animés japonais) dans le monde entier + restauration, jeux vidéo….

Bilan : Le Japon n’est pas encore une puissance totale, mais elle rattrape son retard dans les domaines politiques et militaires. Sa principale difficulté pour l’avenir est le vieillissement préoccupant de sa population et la concurrence des NPIA.

III) Une puissance continentale et mondiale

A) Le Japon au centre de l'Asie-Pacifique

1) Quelle est la place du Japon au sein de la zone « Asie-Pacifique » ?

La zone l’Asie-Pacifique est une zone économique qui comprend les pays riverains du Pacifique au Sud de l’Asie et au Nord de l’Océanie.

Le Japon en est le moteur, le modèle (« au centre de commandement»), car il constitue la puissance dominante de cette zone économique.

Les principaux échanges commerciaux s’organisent entre le Japon et les autres États de cette région, qui est l’une des plus dynamiques du commerce international (2004-2005 : d’autant plus avec la montée en puissance de la Chine). Le Japon importe les matières premières qui lui manquent, et importe et exporte des produits manufacturés.

Il a formé avec eux ASEAN (Association des nations du Sud-est asiatique)

Par exemple avec la Corée du Sud, la Chine, les Philippines ou l’Australie.

2) Qu'appelle-t-on les NPIA ? Que suggère le doc. 7 sur leur développement ?

Ce sont les Nouveaux Pays Industrialisés d'Asie. Ex. la Corée du Sud, Taïwan, Singapour. [Hong Kong a été restitué à la Chine en 1997].

Leur développement rapide basé sur l’exportation de produits industriels compétitifs s’inspire du modèle japonais. Ils possèdent une main d’œuvre nombreuse, docile, peu chère. De plus le code du travail n’existe pas ou presque (plus de 10 heures de travail par jour, 6 ou 7 jours sur 7…Pas droit de grêve)

Mais il y a aussi une concurrence entre ces pays et le Japon, même si de nombreuses entreprises japonaises investissent beaucoup dans certains pays asiatiques prometteurs comme la Chine (devenue en 2004 la 6e puissance éco. mondiale, la 5e en 2006, dépassant la France). 

B) Le Japon : un des trois pôles de l'économie mondiale

1) La place du Japon au sein de la Triade et ses principaux partenaires commerciaux

Le Japon est l’un des trois pôles de la Triade (UE, USA et Japon) qui domine l’économie mondiale. Il réalise à lui seul 20 % du commerce mondial. Sa balance commerciale est largement excédentaire (plus de 100 milliards de dollars en 2000). Il appartient au G8 (8 pays les plus riches du monde)

Ses principaux partenaires commerciaux sont les pays d'Asie-Pacifique (Chine, Corée du Sud), les États-Unis et l'Allemagne.

2) Pourquoi les échanges sont-ils excédentaires avec l'UE et déficitaires avec les pays du Moyen-Orient ?

La balance est excédentaire avec l’UE parce que le Japon vend plus qu'il n'achète à l'UE : sa balance est donc excédentaire avec l’Europe (produits à haute valeur ajoutée).

Mais sa balance est déficitaire avec le Moyen-Orient, car le Japon doit importer le pétrole des pays arabes, nécessaire à son économie (= dépendance énergétique). 

CONCLUSION : L'organisation de l'espace japonais 

Qu'appelle-t-on " Japon de l'endroit " et " Japon de l'envers " dans l’organisation de l’espace japonais ?

Le " Japon de l'endroit " correspond à la façade maritime Sud, où se trouve la Mégalopole qui concentre la population et les activités économiques les plus importantes, en liaison avec le reste du monde. = Moteur de l’espace japonais et de la puissance japonaise (centré sur Tokyo) en interface avec le monde.

 Le " Japon de l'envers " est la façade maritime Nord, moins peuplée, moins industrialisée et plus agricole. = Espaces en marge, périphériques.

Le Japon : résumé de la leçon

Le Japon est un pays insulaire, un archipel de plus de 4000 îles,  d'Asie orientale dont le territoire est réduit (377 800 km2) pour une population nombreuse (plus de 127 millions d'habitants) concentrée sur les plaines littorales, où les risques naturels sont élevés (séismes, raz-de-marée, typhons).

Ce pays asiatique exigu a cependant développé l'une des industries les plus puissantes du monde à partir des années 50-60 (« miracle économique » avec l'aide des Etats-Unis), grâce à l’état, une main d’œuvre nombreuse, docile et qualifiée.

Le littoral sud, ouvert sur le Pacifique, est dominé par la Mégalopole Tokyo-Fukuoka (concentration des hommes et des activités).

Le Japon est devenu le centre de la zone Asie-Pacifique et le modèle des 4 " Dragons " asiatiques (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong-Kong), puis des NPIA. Elle a délocalisé dans ces régions les industries à forte main d’œuvre et à faible valeur ajoutée. Le Japon reste le centre de commandement mais il est concurrencé par ses « élèves ».