Révolution industrielle

 

   La Révolution industrielle

Documents : la machine de Watt (deuxième moitié du XVIIIe siècle) ; l’inauguration du canal de Suez (1869) ; Pasteur : découverte du vaccin contre la rage (1885) ; exposition universelle à Paris (1900) ; la Ford modèle T (début du XXe siècle) ;
une locomotive à vapeur ; Delacroix : La Liberté guidant le peuple ; extraits du Manifeste du parti communiste; Picasso : les Demoiselles d’Avignon

 Quels sont les grands progrès techniques au XIXe siècle ?

Le développement de l’industrie au XIXe siècle

Définition de l’industrie : Ensemble des entreprises ayant pour objet la transformation des matières premières et l’exploitation des sources d’énergie.

Définition de la Révolution industrielle : Profonde transformation des sociétés sous l’effet des progrès techniques et du développement de l’industrie, à partir du XIXe siècle (surtout en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis).

Les innovations techniques

-         Les progrès techniques concernent d’abord l’agriculture (moissonneuse, tracteur), l’industrie textile (machines à tisser) et la métallurgie (travail des métaux).
Il y a trois conséquences principales à ces transformations:

Une demande accrue en fer et en acier (à laquelle l'artisanat ne peut faire face)

Augmentation productivité donc des surplus commercialisés et de l'argent disponible pour autre chose que l'alimentation (favorise l'industrie textile)

Une meilleure alimentation donc une baisse de la mortalité (1750)

(Remarque: ces progrès touchent surtout les paysans aisés puis s'étendent…)

-         L’Angleterre est le premier pays à connaître la Révolution industrielle avec l’invention de la machine à vapeur de Watt en 1769.
La machine à vapeur de Watt (1769) décuple la puissance de travail existante. Elle transforme le mouvement rectiligne alternatif du piston en mouvement circulaire; elle nécessite et facilite l'extraction de la houille ou charbon, abondante en Grande-Bretagne. Machines à vapeur et mines de charbon sont les deux piliers du développement industriel jusque vers 1880
Peu à peu les machines remplacent le travail des artisans (mécanisation) et sont regroupées dans de vastes bâtiments : les usines dont les ancêtres sont les manufactures.
Dans le textile, la " mule jenny ", mise au point en Angleterre en 1779, est le premier métier à filer actionné par une machine à vapeur. Cette mécanisation qui s'accélère pendant tout le XIXème siècle permet la croissance de la production. Elle stimule la demande de fer et d'acier dont la qualité s'améliore alors que les prix baissent grâce à ces nouvelles inventions. Le textile, la sidérurgie et la métallurgie restent les secteurs déterminants de l'activité industrielle jusqu'à la fin du siècle.

La fonte et l'acier : un alliage de fer et de carbone obtenu après la fusion du minerai de fer. L'acier contient moins de carbone que la fonte, il est donc plus résistant.

      La sidérurgie: industrie de l'acier.

-         La principale source d’énergie à l’origine de l’industrie est le charbon.

-         A partir de 1880 d’autres sources d’énergie se développent comme l’électricité et le pétrole.

-         L’âge industriel voit l’apparition de nouveaux modes de transport qui permettent des déplacements plus sûrs et plus rapides :

 Les chemins de fer à partir des années 1830

  Les bateaux à vapeur à partir de 1850 ; en 1869 est construit le Canal de Suez qui raccourcit les distances entre l’Europe et l’Asie

 L’automobile à partir de la fin du XIXe siècle

L’avion au début du XXe siècle

 À la fin du XVIIIe siècle, les routes s'améliorent. Mais la transformation décisive vient de l'application du  machinisme aux transports. Par la combinaison du rail et d'une machine à vapeur,  la locomotive crée la première ligne de chemin de fer, Manchester-Liverpool, en 1830. La première locomotive à vapeur est due à Stephenson en 1817.
 En 1869, liaison Est-Ouest aux Etats-Unis (New York / San Francisco: 5300 kms)
En 1904, on peut traverser toute la Russie grâce au Transsibérien (7400 kms).
La multiplication des transports, bateaux à vapeur bientôt facilite les liaisons transocéaniques.  
Le développement du commerce
 Dans les grandes villes comme Paris, Londres, Vienne ou Berlin s'ouvrent des grands magasins. Boucicaut, créateur du " Bon Marché " à Paris en 1852, est l'un des premiers à comprendre que les bénéfices s'accroissent quand on vend moins cher mais en grandes quantité.
Le commerce mondial est stimulé par les progrès techniques, la baisse du coût des transports, des matières premières et le bref triomphe du libre – échange.
Les fabrications longtemps dispersées dans de petits ateliers ou réalisées à domicile se fixent progressivement dans les usines qui concentrent les machines et les hommes.  Si la machine à vapeur reste dominante, une nouvelle vague d'innovations se répand à partir de 1880. L'électricité se développe: éclairage, machines, transports urbains… Le pétrole et le moteur à explosion permettent le développement de l'automobile. La recherche ouvre de nouveaux secteurs d'activité comme la chimie.

Le dynamisme démographique

-         La croissance démographique en Europe débute dès la deuxième moitié du XVIIIe siècle, puis s’accélère au XIXe siècle : la population fait plus que doubler entre 1800 et 1900 (de 187 à 401 millions d’habitants)

-         Cette croissance s’explique par le recul de la mortalité, grâce aux progrès en matière d’alimentation, d’hygiène et de santé : en 1885 le biologiste français Louis Pasteur met au point le vaccin contre la rage.

La transformation des sociétés pendant la Révolution industrielle

    L’urbanisation et ses conséquences

L’augmentation de la population urbaine

-         Au XIXe siècle de plus en plus d’Européens vivent dans les villes. La croissance urbaine est alimentée par l’exode rural : les paysans quittent leur campagne pour venir s’installer en ville.

-         Le Royaume-Uni est alors le pays le plus industrialisé et le plus urbanisé, car industrialisation et urbanisation sont deux phénomènes liés.

-    L'espace se spécialise par quartiers: exemple de Londres avec la City (commerce et affaires), les faubourgs du N-E et du S. (quartiers pauvres voire insalubres* des ouvriers et des nouveaux arrivants), le West End (quartier riche).
De nouveaux problèmes d'urbanisme apparaissent; le manque de logements, d'égouts, d'approvisionnement…et des solutions sont parfois mises en œuvre comme à Paris avec les travaux d'Haussmann à partir de 1860 ou la 1ère ligne de métro en 1900.

-         L’urbanisation accroît l’importance des populations citadines : bourgeois et ouvriers.
Les villes sont de plus en plus nombreuses: les bassins houillers et industriels se développent (Birmingham ou Roubaix), les grandes capitales deviennent tentaculaires ( 1911: le Grand Londres accueille 7 millions d'habits, Paris 3 et Berlin 2…)

 Le développement de la bourgeoisie :

-         On appelle bourgeoisie l’ensemble des personnes qui ne font partie ni de la noblesse ni du petit peuple. Ils se sont enrichis par leur travail, d’abord le commerce puis l’industrialisation.

-         Elle favorise l’enrichissement des bourgeois, attachés à la propriété (terrienne ou industrielle).

-         Mais il faut distinguer la grande bourgeoisie composée des banquiers, des grands patrons (comme les Schneider en France ou les Krupp en Allemagne) des classes moyennes, qui sont alors en plein développement (avocats, médecins, commerçants, employés, fonctionnaires, etc.).

-         La bourgeoisie se distingue par ses vêtements, le confort (voire le luxe) de ses habitations, ses loisirs (musique, concerts, promenades, jeux) et certaines valeurs partagées, comme le travail, la liberté économique et la propriété.

·        Les ouvriers :

-         Les ouvriers sont les personnes qui travaillent à l’usine ou dans une mine de charbon (les gueules noires du Nord par exemple avec les Corons).

-         Ils ont souvent des conditions de vie difficiles (10 h de travail par jour), un travail pénible (accidents et maladies fréquentes) et des salaires très bas, avec une absence totale de sécurité pour leur soin ou leur emploi, travail jusqu’à la mort.

-         Le travail des enfants est peu à peu limité, mais seulement à partir de la fin du XIXe siècle.
Le développement du machinisme et des usines nécessite de l'argent: le capital (argent ou matériel (immeubles, machines…) nécessaires pour fonder et faire fonctionner une entreprise) qui provient: - des fortunes des grands marchands depuis le XVIème, des économies collectées par les banques. Ce nouveau type d'économie se nomme le capitalisme.  Les grosses entreprises se constituent en sociétés anonymes dont le capital est divisé en actions (petite part d’une entreprise. Celui qui la possède touche une part des bénéfices : les dividendes) vendues sur un marché: la Bourse (lieu où se vendent et s’achètent les actions d’une entreprise).
De même se généralisent à cette époque les billets, les chèques, le crédit dans les établissements bancaires. Les bourgeois et la classe moyenne (groupe social intermédiaire entre ouvriers et bourgeois, composé de petits patrons artisans ou commerçants, de fonctionnaires…) placent leurs économies dans des banques. Elles servent à financer des entreprises…
Les industriels, les commerçants, bourgeois ou classe moyenne  sont favorables à la libre concurrence Au libre-échange, à la non-intervention de l'Etat (législation du travail et condition ouvrière). C'est le LIBERALISME

Luttes et revendications du monde ouvrier

Pour améliorer leur sort les ouvriers mènent de nombreuses luttes :

·        Ils créent des associations pour défendre leurs droits : les syndicats rendus légaux en 1884(par exemple la C.G.T. en France en 1895) qui réclament une augmentation des salaires et une baisse du temps de travail

·        Ils font grève (arrêt de travail) pour faire pression sur leurs patrons

·        De ces luttes ouvrières naît un nouveau mouvement politique : le socialisme, qui se fixe pour objectif de réduire les inégalités entre riches et pauvres (entre bourgeois et prolétaires)

      Les accidents graves se multiplient du fait des conditions de travail très dures. Par exemple : l’accident dans la mine française  de Courrières en 1906, où un coup de grisou (explosion du méthane dans la mine).

Ces accidents provoquent des manifestations et des grèves. Les gendarmes tirent sur les manifestants.

  En 1864 : la grève est autorisée.

 En 1900 : la journée de travail est fixée à 10h.

En 1907 : le repos du dimanche est accordé.

En 1936 : La semaine de travail est fixée à 40 heures par semaine payée 48. Et deux semaines de congés payés. Elections de délégués professionnels et signature de conventions collectives qui fixent dans chaque entreprise les règles pour les salariés et le patron.

Aujourd’hui la semaine de travail est de 35 heures  et il y a cinq semaines de congés payés.

Karl Marx (1818-1883) est un philosophe allemand. Il est le principal penseur socialiste de l’âge industriel. Dans son « Manifeste du parti communiste », publié en 1848, il expose sa théorie de la lutte des classes (bourgeois contre prolétaires) et encourage les ouvriers de tous les pays à s’unir et à prendre le pouvoir par une révolution, afin d’établir l’égalité sociale ou communisme.

Les aspects culturels et artistiques de la civilisation industrielle

-         les grands changements culturels de l’âge industriel

-         les grands mouvements artistiques et les grands artistes

Le développement des loisirs et de la presse

Quels sont les changements culturels pendant l’âge industriel ?

-         Au cours de cette période, l’état favorise  l’alphabétisation : cela permet le développement de la presse et de nouveaux loisirs comme la lecture des romans. Le XIXe siècle est aussi l’âge d’or du roman français (Balzac, Alexandre Dumas, Victor Hugo).

-         Cette évolution est due aux progrès de l’instruction, qui devient peu à peu obligatoire (ex. les Lois Jules Ferry en France dans les années 1880qui rendent l’école gratuite, laïque et obligatoire de 6 à 13 ans pour les garçons et les filles avec écoles séparées).

    Les grands mouvements artistiques

Pendant l’âge industriel trois mouvements artistiques se succèdent :

LE ROMANTISME est un courant artistique d'Europe occidentale apparu au cours du XVIIIe siècle en Grande Bretagne et en Allemagne, puis au XIXème siècle en France, en Italie et en Espagne. Ce mouvement se développe dans le sillage de la Révolution de 1789 dont l'un des acquis a été la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
 Il se développe en France sous la Restauration (1815- 1830) et la
monarchie de Juillet (1830-1848), par réaction contre la régularité Classique jugée trop rigide et le Rationalisme philosophique des siècles antérieurs (philosophes des Lumières et la raison). Il conteste la raison au nom de la supériorité du cœur et de l’imagination.

Les romantiques veulent faire connaître leurs expériences personnelles et faire cesser cet aspect fictif (faux, imaginaire et donc irréel) attribué aux poèmes et aux romans. Le romantisme explore toutes les possibilités de l'art pour exprimer les moments forts de la vie et les tourments du cœur et de l'âme : C’est une réaction du sentiment, des passions contre la raison, cherchant l'évasion et le plaisir dans le rêve, la mort et le sublime.

Littérature : Victor Hugo, Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Charles Baudelaire (France), Baryon (Angleterre), Pouchkine (Russie)

Peinture : Delacroix, Fragonard, Ingres, Géricault, Delacroix

Musique : Berlioz, Wagner, Chopin, Liszt, Brahms

Le Romantisme est un mouvement littéraire qui laisse une large place à l'expression des sentiments et des sensations en mettant fin aux règles strictes de la littérature classique. Il propose de jouer sur les contrastes, les écarts, sur l'opposition du beau et du laid, du sublime et du grotesque. Il préconise la liberté et le naturel en art.

L’IMPRESSIONNISME : Ecole de peinture française qui apparaît à la fin du XIXème siècle. C’est une peinture plus contemporaine et plus rapide dans une période où les progrès se multiplient à une vitesse folle. L'impressionnisme est notamment caractérisé par une tendance à noter les impressions éphémères, ou des détails plutôt que l'aspect stable des choses. C’est un art réaliste en rupture avec le pouvoir politique de Napoléon III, avec le style à la mode à l’époque : dit académique.
Quelques exemples :

Politique : la plupart des peintres réalistes ou naturalistes sont républicains et opposants au coup d'Etat de Napoléon III.
Esthétique : ils détestent les "grandes machines" historiques ou mythologiques des peintres académiques, et souhaitent exprimer les beautés simples de la nature, la vie de leurs contemporains les plus humbles, le peuple, les ouvriers.
Sociologique : les nouveaux venus sont issus de milieux populaires et ne sont plus liés à la noblesse au pouvoir
Géographique : ils sont en quête de sites préservés de la révolution industrielle (Barbizon, Normandie, la Provence de Cézanne)

L’impressionnisme donne une vision propre à chaque peintre d’un même site ou autre en tenant compte des sentiments personnels de l’auteur, de la lumière naturelle, des éléments du paysage (vent, saison…).

 

 

 

Exemples : « La grenouillère »de Renoir, « Le déjeuner sur l’herbe » de Manet, « Impression soleil levant » de Monnet, »La repasseuse »de  Degas, « Pommes châtaigniers et faïence sur une table » de Pissarro, « Montagne Ste Victoire vue de Bellevue » de Cézanne, « Le calvaire de la côte de Grâce Honfleur » de Corot.

CUBISME : est le fruit des peintres Pablo Picasso et Georges Braque qui ont introduit la fragmentation dans leurs œuvres d'art au début du XXème siècle. L’œuvre débutant cette période est « les demoiselles d’Avignon ».
Le concept principal de Cubisme est que l'essence d'un objet peut être capturée en montrant de vues en des points multiples simultanés de cet objet.
Le terme cubisme est né d'une critique disant que les toiles ne représentaient "qu'un amoncellement (tas) de petits cubes".
L’approche du monde visible, basée sur la perspective unique, est bouleversé par le cubisme.
Ce n'est pas un art d'imitation mais un art de conception.
L'œil du spectateur de l'œuvre est sollicité pour compléter ce qui est représenté.
Les formes sont symboliques et le graphisme cherche à faire comprendre l'objet, non par son enveloppe externe mais par ce qu'il est, dans une économie de couleurs plutôt sombres.
L'objet est fragmenté en facettes emboîtées et offre plusieurs angles de vision en même temps.
 Les mouvements libéraux et nationaux
Il s’agit des mouvements qui défendent les idées de nation et de liberté, en partie sous l’influence des idées de la Révolution française.
En 1830 (révolution des « trois glorieuses » qui renverse les frères de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, mettant fin à la restauration de la Monarchie française. Ce dernier abdique en faveur de son neveu Louis Philippe qui prend le titre de roi des français et donc le régime politique nommé « monarchie de juillet » est une monarchie contractuelle : pacte entre le roi et les représentants de la nation). C’est le début et surtout en 1848 de nombreuses révoltes et révolutions en faveur de la liberté des peuples éclatent en France, dans les Etats allemands et italiens, dans l’Empire d’Autriche. En 1848 c’est le Printemps des peuples. En France débute la 2nde république avec le suffrage universel masculin et l’abolition des privilèges.

La montée du sentiment national (ou nationalisme) conduit à l’unification de deux grands Etats européens :

-         l’Italie en 1861-70 : Le roi de Piémont-Sardaigne et Garibaldi unissent les états d’Italie, avec pour capitale Rome en 1870.

-         l’Allemagne en 1871à la suite de la victoire prussienne à Sedan contre la France (perte Alsace Lorraine). Guillaume II et son Chancelier Bismarck unifient toutes les provinces parlant l’allemand dans un empire.

   Le partage du monde

 Au XIXe siècle les Européens dominent le monde.  
Ce démarrage économique s’étale sur tout le 19ème siècle, mais ne concerne que 20% de la population mondiale. Les plus vastes Empires coloniaux sont l’Empire britannique (Afrique de l’Est, Inde) et l’Empire français (Afrique du Nord et de l’Ouest, Indochine).

  Les Etats-Unis d’Amérique sont la nouvelle puissance montante à partir du début du XXe siècle. Le Royaume-Uni domine le monde au XIXe siècle, mais c’est au tour des Etats-Unis d’imposer leur domination au XXe siècle.

 

 

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