Résumé cours sur libertés

LES LIBERTES ET LES DROITS

Selon Albert Camus : « la liberté est la seule valeur imperissable de l’histoire »

Introduction : L’esclavage d’hier et d’aujourd’hui : une liberté qui reste à acquérir

L'esclavage a toujours existé depuis que les hommes sont organisés en société. Le travail a fait des uns des exploiteurs, et des autres, des esclaves.
Qu'est-ce que l'esclavage ?
Un esclave est un individu privé de liberté et de droit. Il est soumis totalement à l'autorité  d'une personne ou d'un État. Il est contraint au travail forcé. Il peut être acheté et revendu comme un objet, un outil, moins bien traité qu'un animal.
Dans l’antiquité, les Égyptiens, les Grecs et les Romains gardaient vivants leurs prisonniers de guerre pour en faire leurs esclaves. De même ceux qui ne pouvaient pas payer leurs dettes devenaient esclaves, ainsi que les peuples barbares qui ne parlaient pas "leur" langue.
Au Moyen âge, l'esclavage continue.
Les temps moderne : au XVI e siècle: la colonisation du Nouveau Monde, avec la découverte de l'Amérique et sa conquête par les Espagnols,  l'esclavage s'intensifie. Les premiers esclaves sont les Indiens d'Amérique. Avec leur prochaine extinction (disparition), on va chercher ailleurs la main d’œuvre servile. Ainsi, les Hollandais, les Français, les Portugais, les Espagnols et les Anglais font déportés en Amérique des centaines de milliers d'esclaves noirs d'Afrique.
C'est ce qu'on a appelé la "traite des Noirs", c'est-à-dire le commerce et la déportation d'esclaves noirs dans le cadre du commerce triangulaire. Cela va durer jusqu’au 19ème siècle et entrainer la déportation de 15 millions de personnes (+ 18 millions déportés par les arabo-musulmans du IXème siècle au 19ème siècle).
Les philosophes des Lumières (18ème siècle) (Montesquieu, Diderot, Voltaire ou Rousseau) remettent en cause la monarchie absolue de droit divin qui possède tous les droits. Ils critiquent l’inégalité entre les hommes (au nom de leur couleur ou de leur naissance…). Ils proclament que tous les hommes sont égaux.
Ces idées ont été reprises dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : Article 1er : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ».
XIXe siècle: la révolte des esclaves. La lutte contre l'esclavage est menée par les esclaves eux-mêmes (États-Unis, Martinique, Cuba, Honduras, Jamaïque... Dans les colonies françaises (Martinique, Guadeloupe et Guyane), c'est un Français, Victor Schœlcher, qui contribue à faire adopter, le 27 avril 1848, le décret sur l'abolition de l'esclavage (indemnisation des propriétaires en échange de l’émancipation des esclaves). Aux États-Unis, la fin de l'esclavage est proclamée le ler janvier 1863, par le Président Abraham Lincoln, après 3 ans de guerre de sécession entre le nord abolitionniste et le sud esclavagiste,  entraînant ainsi l'émancipation de 3 millions d'esclaves. Les Noirs deviennent alors citoyens étatsuniens à part entière.
 Et aujourd'hui?
Définition de l’esclavage moderne : Fortement liée à l'esclavage traditionnel. On peut le définir comme le déplacement ou le commerce d'êtres humains, à des fins commerciales, par la force ou la ruse. Ce sont le plus souvent les femmes et les enfants qui sont victimes de ces pratiques.
L’UNICEF estime que 250 à 300 millions d'enfants de 5 à 14 ans (et 200 millions d'adultes) sont exploités dans le monde.
Pour rembourser une dette, ou pour survivre, leurs parents les ont vendus.
Ces enfants travaillent comme domestiques, dans les mines ou dans les champs.
En Haïti, des enfants sont employés dans les champs de canne à sucre.
Au Soudan, où une guerre oppose le Nord et le Sud du pays, les villageois, faits prisonniers, deviennent esclaves. Ils travaillent aux champs, gardent le bétail. Les jeunes filles sont employées de maison, esclaves sexuelles

L'esclavage classique continue aujourd'hui, bien qu'officiellement aboli dans tous les pays du monde depuis plus de 20 ans (la Mauritanie n'y a officiellement mis fin qu’en 1980). Certains dénoncent la persistance de marchés aux esclaves dans certains pays, notamment au Soudan et en Mauritanie (où l'on estimait qu'en 1994, 11 millions d'habitants, soit 45 % de la population, sont esclaves) ou dans les pays du Golfe Persique...
I] Qu’est-ce que la liberté individuelle ?

       A] Il y a encore peu des arrestations arbitraires

Des libertés proclamées et conquises

Les libertés en Angleterre...

*      1679 : une loi interdit que soit arrêté un individu, sans que dans les.qua­rante- huit heures, il soit présenté devant un juge qui lui notifie les motifs de son arrestation (Habeas Corpus).

*      1689: le roi reconnaît, dans la Déclaration des droits, les droits et libertés des Anglais, établis par une série de textes, depuis la Grande Charte (1215)

...et en France

*      1789 : la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen énumère en dix-sept articles toutes les libertés des hommes. C’est la fin des arrestations arbitraires (qui n’obéit à aucune loi) sur simples lettres de cachet (Sous l’Ancien Régime ordre d’emprisonnement signé par le roi, sans jugement).

ARTICLE 4. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance des mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

Extrait de la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen, 1789.
La liberté individuelle est la liberté première
celle de ne pas arrêté, ni détenu de façon arbitraire (comme sous les rois de l’Ancien Régime) et donc rendu impossible les arrestations sur simple lettre de cachet.
Dans un état de droit c'est-à-dire démocratique, la loi seule dit lorsqu’il y a infraction et quelle sanction infligée.
De même choisir l’endroit où l’on habite, protéger sa vie privée ou sa propriété, circuler librement…ce sont des libertés fondamentales (libertés qui sont à la base d’un état démocratique) inaliénables (qui ne peuvent être enlevées) dans une démocratie.
Ces droits élémentaires permettent de vivre en toute liberté.
Exemples : La liberté de conscience (qui est le droit pour chacun d’avoir ou non une croyance religieuse ; plus largement, possibilité de penser librement, sans contraintes) ne peut être exercée pleinement que si elle s’accompagne de la liberté d’expression. En effet être libre de penser, ne vaut que si l’on est libre d’exprimer ses idées par écrit ou oralement.
Mais la liberté implique le respect d’autrui et la loi punit les abus : elle considère comme des délits les propos discriminatoires (paroles ou écrits reprochant à une personne sa différence ou son appartenance à une catégorie sociale…) racistes ou sexistes. Les agissements des sectes qui portent atteinte à la liberté physique et morale de leurs membres sont également punis.

       B] Aujourd’hui, la liberté individuelle n’existe pas partout
Dans les pays où le régime politique est tyrannique ou dictatorial, les libertés individuelles comme la liberté d’expression ne sont pas respectées. Des journalistes sont emprisonnés, torturés. C’est le cas en Chine  ou 180 reporters ont été arrêtés en 2007. Des ONG (Organisations Non Gouvernementales) comme Amnesty International ou Reporters Sans Frontière se battent pour faire libérer ses hommes et femmes dont le sel crime est de penser.

II]  « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »
L’article 1er de la DDHC (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen) est complété par «Article 10 - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses. Ils garantissent notre égalité devant la loi, notre liberté de conscience, de penser et d’expression. Ils sont repris dans la constitution de la Vème république (notre république), dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) et dans la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

III]  La liberté, c’est d’abord la dignité de chacun :

La dignité  se définit comme le respect dû à une personne. L’Etat français utilise la notion de dignité de la personne humaine afin de sanctionner «Tout acte d’avilissement ou de dégradation de l’homme ». La pédophilie, le viol, la torture morale ou physique en sont quelques exemples

La violence peut être définie comme étant ce qui porte atteinte à l’intégrité des personnes par le moyen de la force.

IV] Les libertés collectives :
La liberté d’association, sans doute la plus symbolique, permet de se regrouper en vue d’un but précis et limité
(pour créer un syndicat, une association sportive ou caritative (Restos du Cœur, Croix Rouge)…). Elle apparaît  le 1er juillet 1901. La liberté d’association entraîne la liberté de réunion indispensable à tout travail collectif, ainsi que la liberté de manifester.
La liberté syndicale (depuis 1884)  autorise les groupements à caractère professionnel destinés à assurer la défense des droits et des intérêts des salariés. Par exemple la CGT (Confédération Générale des Travailleurs), FO (Force Ouvrière), UGC (Union des ingénieurs et Cadres) ou le CNPF (Comité National des Patrons Français)…Depuis 1946 (IVème république française), elle est reconnue dans la Constitution comme un droit essentiel avec le pluralisme syndical (existence de plusieurs syndicats dont les idées peuvent différés permettant aux salariés de choisir en toute liberté).
Autre liberté collective : la liberté de la presse.
III] Protéger et élargir les libertés.

       A] Les libertés peuvent parfois être limitées par la loi.
MAIS LA LIBERTE A DES LIMITES, CE SONT LES LOIS. « MA LIBERTE S’ARRETE OU COMMENCE CELLES D’AUTRUI ». En effet, nous vivons au sein d’une société, nous nous devons respect et tolérance.
Ainsi, nous avons le droit de manifester mais en aucune façon de dégrader la propriété de l’état (casser abris de bus) ou d’un particulier (voitures…). Les casseurs sont hors la loi…
En effet, la liberté totale, individuelle ou collective n’existe pas. La liberté de chacun doit cohabiter avec celle des autres et tout citoyen doit respecter la loi.
La vie en commun suppose que tous nous nous conformions aux mêmes règles écrites,
exemple le code de la route, ou le code civil ou pénal ou encore le règlement intérieur du collège. Les lois sont nos limites.
Toute liberté a ses restrictions. La laïcité qui permet la liberté religieuse, interdit les signes ostentatoires et le prosélytisme dans les établissements scolaires. Elle permet l’intégration de tous les jeunes sans discrimination.
La liberté d’association peut être remise en cause si l’intégrité et la dignité humaine sont en danger. Par exemple avec les sectes.

"Une secte est une association de structure dictatoriale, déclarant ou non des objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux Droits de l'Homme et à l'équilibre social". Comme le temple solaire, Mouvement Raëlien français, Eglise de scientologie de Paris…
        B] Les libertés face aux progrès :

Progrès techniques et scientifiques : Attention danger !
Par exemple le nucléaire :
Les bombes atomiques qui ont frappé les villes d’Hiroshima et Nagasaki au  Japon, le 6 et 8 août 1945, ont fait environ 110 000 morts.
Mais 80% de notre électricité est nucléaire. Les IRM (Imageries par Résonnances Magnétiques)  permettent de voir à l’intérieur du corps humain…
Et quoi faire des déchets radioactifs….

Nous pouvons parler aussi du clonage thérapeutique permettant de remplacer des organes malades et de sauver des vies. Mais le risque de reproduire des hommes à l’identique (pour former « une race » parfaite comme Hitler pendant la seconde guerre mondiale) ou de choisir les gênes d’un futur enfant est un danger.
Autre exemple, un robot remplace un ouvrier dans un travail pénible. Mais cet homme a perdu son emploi…
Toute découverte scientifique ou technique est à la foi un progrès et un danger pour l’avenir.

En conclusion
La défense des libertés est un combat permanent. Nous avons obtenus en 1882 l’école gratuite, laïque et obligatoire. Puis en 1944, le suffrage devient vraiment universel avec le vote des femmes.
Les progrès sont lents : droit de grève 1864, droit syndical 1884, repos hebdomadaire en 1906, deux semaines de congés payés 1936, la sécurité sociale 1946…
Aujourd’hui des droits nouveaux apparaissent : le droit de vivre dans un environnement sain et donc le devoir de le protéger (qualité de l’eau, de l’air..). Mais aussi les droits des femmes : à la contraception, à l’avortement, au travail…Sans oublier les droits de l’enfant 1989 la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.
Derrière ces progrès se cachent des violations de droit. Comme le maintien des mines anti personnelles au Cambodge par exemple.
Les droits sont vraiment respectés dans les pays démocratiques et développés du Nord. En effet, la protection, la santé et l’éducation sont des droits difficiles à respecter dans les PED et PMA (pays du Sud) où pour certains la seule préoccupation est se nourrir. Le respect des droits passe par le développement économique.
Les libertés individuelles et collectives sont inégalement respectées même au nord. En effet, les actes racistes (profanation de cimetières juifs ou musulmans) ou les difficultés des jeunes français d’origine étrangère pour trouver un emploi, les violences faites aux femmes (1 femme meurt tous les 2 jours sous les coups de son compagnon), les SDF qui meurent dans l’indifférence totale sont quelques exemples montrant qu’il reste à des libertés et des droits à conquérir même en France.

 

 

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