Le siècle des lumières

Introduction

La Philosophie des lumières.

Une époque de réflexion et de contestation : 1721 - 1781

 

Le siècle des Lumières est, en Europe, une période de grand essor ou progrès scientifique et d'épanouissement de la raison critique.
Ce siècle
est marqué par le rationalisme philosophique et le développement rapide des sciences.
Mais d’abord qu’est que la PHILOSOPHIE ? Et qu’est-ce qu’un PHILOSOPHE ?
La philosophie est un mot d’origine grecque qui signifie « Philos : amour et Sophia : sagesse », donc c’est l’amour de la sagesse et donc la recherche de la connaissance.

Un philosophe est un penseur qui réfléchit sur le monde, sur l’homme et sa condition d’homme.


Les philosophes français, comme Diderot, Rousseau, Montesquieu et Voltaire, donnent des principes fondés
sur les
droits naturels (
ensemble de principes invariables et universels, issus de la « nature humaine » et antérieurs au droit positif et à la morale, permettant de régir la société. Ce sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression), l'égalité entre les hommes,
et déclarent
qu’il faut améliorer la société, interdire l’oppression, éliminer l’intolérance et développer l’enseignement.

-         Il s’agit d’idées qui se développent en Europe au XVIIIe  siècle, fondée sur le pouvoir de la réflexion, sur la raison et sur l’esprit critique.
Pour leurs contemporains,
la pensée des philosophes permet de sortir enfin des "ténèbres" de l'ignorance, d'où le nom de "philosophie des Lumières" : ils sont convaincus qu'ils entrent dans un nouvel âge illuminé par la raison, la science et le respect de l'humanité.
Donc cette expression vient
des philosophes pour décrire leur attitude : « éclairer toutes chose à la lumière de la raison ». Cette lumière doit éclairer toute l’humanité pour faire triompher la raison contre la superstition et l’intolérance.


Cette littérature se veut contestataire (remise en cause de toute la société) et didactique (éducative, formative).

Le monde à l'époque des lumières

Le monde à l’époque des Lumières

La France est une monarchie absolue de droit divin, un régime politique dans lequel l'autorité est détenue par le roi (qui le tien de Dieu), il doit cependant respecter les privilèges des ordres (Clergé et Noblesse) qui composent le pays et prendre conseil auprès d’eux.
Malgré cela
, il détient les 3 pouvoirs : judiciaire, législatif et exécutif. Il est le représentant de Dieu sur terre, il est roi de droit divin. Nul ne peut discuter ses décisions, qui sont donc, souvent arbitraires. A noter qu’une classe moyenne, composée de bourgeois (appartenant au tiers état sans privilège), a acquis avec sa richesse  de plus en plus de pouvoir (pas politique bien sûr), contestant la monarchie absolue. Ils souhaitent jouer un rôle dans le gouvernement de la France, sur le modèle anglais par exemple.  

 

Principales revendications
-Partage des pouvoirs entre le roi et les parlements, lorsqu’ils existent comme en Angleterre, ou entre le monarque et la bourgeoisie. Dans tous les cas, rejet monarchie absolue.
-La fin des inégalités sociales (exemples les privilèges de la noblesse et du clergé en France, le fait que seul le tiers état paye les impôts…)

-On réclame aussi la tolérance religieuse, c'est-à-dire la fin de la religion d’état. Chacun doit pouvoir choisir sa religion.
- C'est sur le terrain des libertés, de la lutte contre l'arbitraire (insupportable dans les faits, révoltant dans les principes) et l'intolérance que les Lumières ont mené leurs principaux combats.
-
La critique des Lumières s'attaque aux aspects les plus insupportables de l'absolutisme monarchique, et en premier lieu à l'arbitraire et à la toute-puissance de la police et de la justice.
Il n'existe d'habeas corpus qu'en Angleterre : depuis 1679, personne ne peut y être arrêté et inculpé sans avoir été présenté dans les vingt-quatre heures devant un juge qui doit donner le motif précis de l'arrestation et laisser l'inculpé choisir un avocat. Police et administration n'y ont aucun pouvoir : la justice est indépendante, ce qui garantit la liberté.
Rien de tel dans les monarchies absolues. En France, la pratique des «lettres de cachet», en particulier celles laissées «en blanc», qui permettent à tout agent royal qui en dispose de priver n'importe qui de liberté, symbolise l'arbitraire du pouvoir
-Naturellement contre la torture et l’esclavage.
-Pour les libertés individuelles et commerciales

-Refus de l’obscurantisme dans lequel l’Eglise catholique maintient ses fidèles. Il faut observer, émettre des hypothèses en raisonnant puis les vérifier par des expériences. Il faut innover pour que l’homme progresse.

Galilée esprit de la Renaissance du 16ème-17ème siècle disait "On ne peut rien apprendre aux gens. On peut seulement les aider à découvrir qu'ils possèdent déjà en eux tout ce qui est à apprendre".

Les philosophes et leurs oeuvres

Les principaux philosophes des lumières
Les Lumières ont deux sources essentielles :
l’œuvre de René Descartes (17ème siècle, c’est un mathématicien, physicien et philosophe français, dans son œuvre principale « le discours de la méthode », il explique que tout découle de la liberté qui permet la joie de penser. « Je pense donc je suis ». Il part du bon sens commun à tout homme, d’observations, s’éloignant des livres, pour permettre à l’homme de douter, de tout remettre en question, de raisonner en toute liberté).
La libre pensée qui se développe en Angleterre. Ainsi, les philosophes sont fortement influencés par les scientifiques et les penseurs anglais Isaac Newton (16ème-17ème siècles : philosophe, mathématicien, physicien et astronome) et John Locke (17ème siècle, philosophe empiriste, il pensait que toute connaissance devait passer par l’expérience de nos sens et de nos réflexions : c’est l’empirisme. Il est considéré comme le premier philosophe des Lumières anglais).
 Ils prennent comme modèle le système politique anglais de monarchie parlementaire accordant une grande liberté religieuse et intellectuelle à ses sujets.

Au XVIIIe siècle la France devient le principal foyer des Lumières.

Montesquieu, Charles de Secondat, baron de (1689-1755),
 homme de lettres et philosophe français.
Exemples de ses œuvres : les « Lettres persanes » et « l’Esprit des lois » (1748).
Idées essentielles : Il déclare que régime politique doit séparer les 3  pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) pour éviter la tyrannie. Ainsi un seul homme ne doit pas détenir tous les pouvoirs entre ses mains, pour le bien être de chacun.


Voltaire, François-Marie Arouet (1694-1778),
homme de lettres et philosophe français, auteur notamment d'essais et de contes philosophiques qui témoignent de son souci de vérité, de justice et de tolérance.

Exemples de ses œuvres : les « Lettres anglaises » (1734), « Candide » (1759), le « Traité sur la tolérance », le « Dictionnaire philosophique », ‘L’ingénu », « Zadig, etc.
Ses idées essentielles : Son principal ennemi est l’Eglise, qu’il considère comme aveugle est intolérante. Il est anticlérical (contre le clergé donc l’Eglise catholique), il veut la liberté de conscience ou de religion. Il n’est pas athée mais déiste (pensant qu’il existe un Dieu, mais non révélé, n’appartenant à aucune religion). Il fut souvent censuré et pour éviter l’emprisonnement poussé à l’exil. Dans les grands débats et les grands procès de son temps il n’a cessé de défendre la liberté et la tolérance, tout en souhaitant un régime monarchique, non pas détruit, mais éclairé par la pensée philosophique.


Rousseau
Jean-Jacques  (1712-1778)
écrivain et philosophe suisse
Exemples de ses œuvres : « 
Emile », « les Confessions », « Le contrat social ».

Ses idées essentielles : il défend l’égalité, la souveraineté du peuple (le pouvoir lui revient) et le régime républicain (dans un petit pays cependant) dans son « Contrat social » (1762).

 

Diderot, Denis (1713-1784),
philosophe et écrivain français. Il fut le maître d'œuvre avec d’Alembert de l'Encyclopédie (1751-1772) et l'un des principaux représentants de l'esprit des Lumières.

Exemples de ses œuvres : « Pensées philosophiques », "Lettre sur les aveugles et à l'usage de ceux qui voient", « Jacques le fataliste », d’autres romans, critiques et essais philosophiques

Ses idées essentielles : Il est anticlérical. Comme Locke, la connaissance vient de l’expérience. Il tente d’imaginer une morale universelle basée sur la raison humaine.

 

Quelques informations sur « L’encyclopédie »

L’Encyclopédie (de Diderot et d'Alembert) est née de l’idée de traduire la  « Cyclopaedia » anglaise (publiée de 1728 à 1742). C’est un ouvrage auquel coopérèrent de nombreux philosophes. Il contenait toutes les connaissances de l’époque, dans tous les domaines possibles. Elle était dirigée par Diderot et d'Alembert dans l'esprit de la philosophie des Lumières.

Elle présente le savoir du siècle des Lumières dans une conception à la fois éducative et contestataire.
L’ouvrage comprend 17 tomes, 60 000 articles. Toutes les connaissances y sont soumises à l’esprit critique et à la réflexion.
L’encyclopédie inspirée par l’idée que l’homme est capable de progresser, est contre une autorité politique imposée et veut une société plus juste et moins figée par les inégalités, c'est-à-dire la société française des 3 ordres de la monarchie absolue. Ces philosophes réformistes s’élèvent aussi contre l’esclavage et la torture.

En résumé, l’encyclopédie est une immense entreprise humaniste, laissant une grande place aux sciences et aux techniques, mais surtout à la critique. Elle démontre que le progrès intellectuel, social et moral est possible pour l’homme, elle porte donc les principales idées du siècle des lumières.

La diffusion des idées des Lumières

Les idées des Lumières se répandent grâce :
En France la vie intellectuelle est concentrée à Paris, qui fait figure de capitale intellectuelle de l’Europe au XVIIIe siècle. Le Français s’impose, plus que jamais, comme la langue de la culture et des échanges diplomatiques.

Mais les Lumières ne concernent en fait qu’une élite, formée de la grande noblesse et de la haute bourgeoisie surtout financière.

 

Les salons

Le siècle des Lumières s’invente d'abord dans les cafés, où on lit et on débat, comme le Procope, à Paris, où se réunissent Voltaire, Diderot…. Ce sont surtout les salons mondains. Les grandes dames reçoivent artistes, savants et philosophes. Chaque hôtesse a son jour, sa spécialité et ses invités de marque. Le modèle est l'hôtel de la marquise de Lambert, au début du siècle, puis Mme Necker reçoit les encyclopédistes. 

Mais il y a aussi les académies, les bibliothèques et les loges

Les académies sont des sociétés savantes qui se réunissent pour s'occuper de belles-lettres et de sciences, pour contribuer à la diffusion du savoir. En France au XVIIe siècle : Académie française, 1634; Académie royale des sciences, 1666. Puis au XVIIIème siècle : l'Académie royale de chirurgie (1731) et la Société royale de médecine (1776). En province, il y a neuf académies en 1710, 35 en 1789.

Les bibliothèques publiques et chambres de lecture se sont multipliées, fondées par de riches particuliers ou à partir de souscriptions publiques. Elles collectionnent les travaux scientifiques, les gros dictionnaires, offrent une salle de lecture et, à côté, une salle de conversation. On y parle physique, chimie, minéralogie, agronomie, démographie.

La presse enfin contribue à la constitution d'un espace public savant, malgré la censure, toujours active. Le Journal des savants, le Mercure de France 


A NOTER : Il y a une tension entre l’esprit nouveau, issu des Lumières et la persistance de l’absolutisme du pouvoir et de l’Eglise (elle conserve une forte influence sur les esprits, surtout dans les campagnes).

Face à l’expansion des idées nouvelles la censure est très active. L’Encyclopédie est d’abord interdite et circule clandestinement.

Mais après 1760 on assiste à une lente pénétration des Lumières dans le personnel dirigeant, exemple le ministre des finances de Louis XVI, Necker.

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