La période révolutionnaire de 1789 à 1799

Bilan de l'Ancien Régime

Louis XV (1715-1774) arrière-petit-fils de Louis XIV, roi absolutiste renvoie les Parlements et crée un nouvel impôt pour diminuer la dette de l’Etat. Louis XVI, petit-fils de Louis XV rappelle les Parlements. Les privilégiés refusent de payer des impôts. Un des contrôleurs généraux des finances du roi, Necker est renvoyé.

Le roi voulant réduire les pouvoirs du Parlement: le Parlement se révolte. En mai juin 1789, devant une telle situation, Louis XVI rappelle Necker et propose la réunion des Etats Généraux  le 1 mai 1789.

Noblesse: 300 000 personnes

Clergé: 150 000 personnes

Paysans: 25 millions de personnes

I Quelle est la situation de la France à la veille de la Révolution Française?

A. Situation sociale

Noblesse
è Elle détient le pouvoir politique.

- Elle veut garder ses privilèges.

- Elle refuse de travailler (le travail est dégradant).

è Elle vit des réserves tirées de ses terres, de ses rentes.

- Certains cependant investissent dans l’industrie et l’agriculture
La Bourgeoisie
è Elle dirige la vie économique. Mais elle est exclue de la vie politique.

- Elle s’est enrichie par le commerce (ex manufacture)

- Elle est exclue également de l’armée du haut clergé et de la haute magistrature
Le Tiers-Etat dont le plus grand nombre sont représentés par les Paysans
- Ils restent dominés (à part quelques-uns qui se sont enrichis.). Ils sont les seuls à payer les impôts. Ils travaillent pour les deux autres ordres.
B. La situation économique

On remarque que les dépenses en 1788 sont supérieures aux recettes ainsi le déficit budgétaire de la France en 1788 est de 117 millions de livres => la France est endettée. A la veille de la revolution, l’économie du pays est en crise:

- crise financière (caisses état vide)

- crise agricole: due aux mauvaises récoltes et aux intempéries.

- crise sociale: misère du peuple; chômage, grand nombre de mendiants.

- crise morale et politique (remise en cause de la monarchie absolue).

II Comment les sujets peuvent-ils s’exprimer ?

A. La réunion des Etats Généraux

 Les Etats Généraux sont convoqués pour le 1 mai 1789 : cela n’a pas été fait depuis 1614.

Clergé 291 députés + Noblesse  240 députés = 2 ordres privilégiés = 531 députés                            Tiers Etat   598 députés
B. Le cahier de doléances (plainte)

Le Roi demande à tous ses sujets de lui faire parvenir leurs souhaits et leurs plaintes dans les cahiers de doléances

A noter :

La monarchie n’est pas contestée mais c’est l’absolutisme qui est critiqué (privilèges et impôts)

L'année 1789

III  Les principaux événements de l’année 1789.
5 mai 1789: réunion des Etats Généraux :
Elle a lieu à Versailles. Les députés du Tiers Etat sont humiliés et déçus qu’on ne leur propose pas les réformes qu’ils attendaient et que les peuples réclament dans les cahiers de doléances.

Aussi, le 17 Juin, ils se constituent en Assemblée Nationale.

Le 20 Juin, ils se rassemblent dans la salle de Jeu de Paume et jurent de ne pas se séparer avant qu’une constitution ne soit donnée au royaume. Le bas clergé les rejoint. Ils se considèrent comme représentant la Nation.
Le 9 Juillet, ils forment l’Assemblée Nationale Constituante
14 juillet: La prise de la Bastille par le peuple parisien symbolise la fin de la toute puissance du roi car elle représentait l’arbitraire de la justice royale. On embastillait sur simple lettre de cachet du roi.

Dans le même temps, en province, la Grande Peur s’étend (20 Juillet. /6Août). Un bruit court que des brigands, à la solde des nobles, ravagent tout sur leur passage et se rapprochent. En réaction, les paysans s’attaquent à tout ce qui incarne leurs oppresseurs (les châteaux, les titres de propriétés des nobles sur terres)

Dans les villes, les bourgeois créent de Nouvelles Municipalités et mettent en place des gardes Nationales (comme à Paris où elles sont commandées par Lafayette)
La nuit du 4 Août :

Les conséquences de la Grande Peur : l’Assemblée Nationale (les nobles de peur de perdre leurs biens et leurs familles) abolit les privilèges (droits féodaux, corvées, dîme…) et le 23 Août, on définit une nouvelle société par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

= le Roi est ramené à Paris par les femmes affamées (5 Oct.) et se voit obligé de signer la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

= Ainsi, en quelques semaines, la monarchie absolue est morte = rupture. C’est la fin de l’ANCIEN REGIME.

La DDHC du 26 août 1789

LA DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN

Les articles de la déclaration sont présentés sur les tables de la Loi, semblables à celles de Moïse où Dieu aurait gravé ses 10 commandements.

En haut, au centre, l'œil de la Raison (des philosophes) éclaire de ses Lumières la France et la justice. Il remplace le symbole de la monarchie absolue. Il est entouré d’un triangle, une équerre, symbole du grand architecte des Francs maçons. C’est une forme d'organisation associative, qui vise à l’amélioration de la société.

 La femme de gauche est la France, elle porte une couronne et un manteau bleu à fleur de lys : symbole de la nouvelle royauté. La France est devenue une monarchie constitutionnelle. Elle a brisé les chaînes dans lesquelles la maintenait la monarchie absolue de droit divin.
Les nuages qui sont derrière représentent l'obscurantisme et l'absence des libertés fondamentales de l'ancien régime qui s'éloigne. 

 

La femme de droite est la justice, ce n'est pas un bâton mais son spectre qu'elle tient dans la main gauche et avec lequel elle montre l'œil rayonnant des Lumières qui la guide. De sa main droite elle indique les nouvelles règles qui vont commander les relations entre les Français : les droits naturels qui définissent les libertés fondamentales. 

Le serpent qui se mord la queue représente la sagesse de la France. Il encercle un bonnet rouge : le bonnet phrygien. Dans l'Antiquité, les anciens esclaves affranchis, en Phrygie, portaient ce bonnet pour montrer qu'ils étaient libres. 
Le faisceau (pique surmontée d’un bonnet phrygien) montre la force militaire de la France. Cette force est contrôlée. C'est pour les pays voisins un message. Le peuple français n'attaquera personne mais a les moyens de se défendre si on l'agresse

Le Chêne c'est l'arbre roi de la forêt. C'est un arbre solide et fort, comme la France.

En 1848, les droits naturels sont loin d'être respectés. L'Abbé Grégoire dès 1789 avait demandé que ces droits soient appliqués aux Noirs. La Convention en 1794 abolit l'esclavage mais ne se donna pas les moyens de faire respecter ses décisions.  Mais dès 1802, l’empereur Napoléon Ier restaure l’esclavage.

DDHC en résumé :
A retenir :
Article premier : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Droit naturel :
Droit que reçoit l'homme en fonction de son humanité. Il se résume à la liberté.
Droit inaliénable : droit qui ne peut être enlevé, retiré,,,

Les libertés garanties par la Déclaration des Droits de l’Homme sont
    Libertés physique: 1, 4, 5, 6
    Liberté de penser: 2, 5, 10, 11
    Liberté politiques: 3, 6, 7, 8, 9, 16
    Liberté de groupement: 2, 12
    Liberté économique: 2, 17
    Libertés sociales: 4, 12
Les droits du citoyen correspondent aux articles : 3, 6, 12, 14
Ce texte a une portée Universelle, retentissement international
Mais la DDHC a oublié le droit des femmes (malgré Condorcet et surtout Olympe de Gouges qui écrira une déclaration des Droits des femmes et des Citoyennes). Elles n’obtiendront que le droit au divorce.
De plus, l’esclavage est maintenu (dans les plantations, les colonies) car les bourgeois (par exemple ceux qui ont fait le texte) veulent conserver leurs profits.
Ensuite, il n’est pas question des droits sociaux et de l’économie (notamment le travail des enfants…).
Enfin, les minorités comme les juifs n’obtiennent pas de droit.
UN PEU DE VOCABULAIRE :
Souveraineté de l’Assemblée
: Idée selon laquelle la source du pouvoir réside dans la nation dont la volonté générale doit l’emporter sur celle du monarque.
Utilité commune: c’est à dire le bien public
Résistance à l’oppression : reconnue comme un droit, elle légitime non seulement toutes les révoltes de 1789 mais toutes les insurrections et résistances du futur.
Nation = souveraineté de la Nation (art. 3/6): perçue comme la volonté commune de citoyens libres et responsables
Contribution commune: différents impôts. Puisque le citoyen participe au bien public.

1789-1792 : Vers une nouvelle France

De 1789 à 1792 : vers une France nouvelle 

I] Monarchie Constitutionnelle ou parlementaire ?

Rappel: Quelques jours après Le Serment du Jeu de Paume (20 Juin 1789) Les députés du Tiers Etat (= Assemblée Constituante) souhaitent établir une constitution. Ils ont été rejoints  par certains députés des deux autres ordres. A partir du 4 Août 1789, Les privilèges sont abolis

La Nation souveraine : (Citoyens d’au moins 25 ans, qui paient un impôt supérieur à 3 journées de travail : Suffrage Censitaire, Suffrage Universel Indirect) (citoyens actifs, ceux qui ne peuvent voter sont les citoyens passifs) délègue ses pouvoirs à:

POUVOIR LEGISLATIF
Une Assemblée législative ou nationale

Indissoluble 745 membres élus pour 2 ans

Etablit le montant de l’impôt

Propose et vote les lois

Ratifie déclaration de guerre et traité de paix

POUVOIR EXECUTIF

Un Roi des Français héréditaire inamovible (ne pouvant être enlevé), irresponsable, lié par serment à la Constitution

Nomme et révoque les ministres

Sanctionne et exécute la loi mais avec veto (droit de s’opposer à une décision) suspensif

Propose guerre et paix

C’EST UNE MONARCHIE PARLEMENTAIRE ou CONSTITUTIONNELLE avec séparation des 3 pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) depuis 1791 où l’Assemblée constituante donne à la France une CONSTITUTION. Ainsi la Nation est au dessus du roi. Louis XVI n’est plus le roi de France mais le roi des français.


Les réformes de la révolution

II] Les réformes entreprises.

NOUVEAUTÉS

INCONVENIENTS

NOUVELLE ADMINISTRATION

- création des 83 départements

- 83 administrateurs sont élus

problèmes de relation entre le gouvernement et les administrations

NOUVELLE JUSTICE

Les charges de magistrat ne s’achètent plus.

Les magistrats sont élus

 

NOUVELLE FINANCE

è solution pour régler les problèmes financiers (Talleyrand).

è émission des billets: assignats (garantis par la valeur des biens du clergé et ceux des émigrés) (nobles)

è Les impôts sont répartis également entre tous (en fonction des ressources)

 

 

 

- trop d’assignats = perte de valeur = augmentation de prix (+ achats à crédit)

 

- mais les impôts rentrent mal prélevés et répartis

NOUVELLE ÉCONOMIE

è Les douanes à l’intérieur sont supprimées et les corporations

è liberté de commerce et d’entreprise

è droit de clôturer les champs

èmise en place du système métrique (Talleyrand-Périgord)

 

selon la loi Le Chapelier: suppression des corporations, interdiction de former des syndicats, pas de manifestation, pas de droit de grève, maintien de l’esclavage dans les colonies.

NOUVELLE ORGASISATION RELIGIEUSE

èla liberté religieuse est instaurée

èles écclésiastiques doivent accepter la constitution civile du Clergé (selon laquelle ils deviennent des sortes de fonctionnaires.)

- Le Pape s’y oppose

- Certains prêtres refusent la Constitution Civile du Clergé (réfractaires => persécutés / ceux qui acceptent : jureurs) : guerre civile exemple en Vendée.

NOUVEAU REGIME POLITIQUE

La France est une monarchie constitutionnelle +séparation des trois pouvoirs

- suffrage censitaire (donc limite suffrage à ceux pouvant payer l’impôt)

- et échec de ce régime (è mort du Roi)

Avant après les réformes

Vers une nouvelle société:

L’Ancien régime et la nouvelle France :                                   
La POPULATION :

                                                                              L’ANCIEN                                            LE NOUVEAU

les “inférieurs ou hors société chrétienne”: esclaves, serf, domestiques, petits peuples des villes et des campagnes, protestants, juifs.

les “supérieurs”: privilégiés de la naissance ou de droits de sang.

                        Les baptisés de l’Eglise catholique.

                        Les villes, les provinces ou les groupes

                        sociaux qui ont des libertés particulières.

                        Les membres des métiers et des corporations (association de personnes faisant le même métier)

il suffit d’être Homme ou Femme pour appartenir au corps social. ATENTION, cela correspond à la théorie, en pratique la femme comme l’enfant « ne doit prendre aucune part dans la vie politique » selon Marat.

 

LA FORME DU GOUVERNEMENT

 

principes anciens

principes nouveaux

- droits de la coutume

- droits naturels (qui viennent de la nature humaine)

- Volonté royale dont la source est Dieu.

- la loi = expression de la volonté générale de la NATION

- Un roi, une loi, une foi

- liberté de conscience, de culte, de religion

- les sujets

- les citoyens

- lettres cachets et emprisonnement arbitraire

- “nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi

- censure royale

- libre communication des pensées

- "c’est en ma personne seule que réside la puissance souveraine".

- séparation des pouvoirs

- Noblesse et Clergé ne payent pas l’impôt

- “une contribution commune est indispensable”.

 

 

 

 

L'année 1792

L’année1792: Le dérapage de la Révolution
I - La fuite du roi

Le 20 juin, le roi et sa famille tentent de s’enfuir à l’étranger. Mais ils sont reconnus et arrêtés à Varennes. Ils sont ramenés sous bonne garde à Paris où ils sont insultés par le peuple = rupture entre le Roi et le peuple.

L’assemblée refuse de démettre le roi de ses fonctions. (Elle parle alors de d’enlèvement du Roi par les puissances étrangères). Elle s’oppose au peuple qui réclame une REPUBLIQUE.

Le 17 Juillet, lors d’une manifestation au Champ de Mars, le peuple est venu réclamer la déchéance (démission) du roi. L’Assemblée Constituante fait tirer sur la foule = rupture entre l’assemblée et le peuple (et les bourgeois modérés et la garde nationale contre les sans culottes)

Le sans-culotte est d'abord reconnaissable à sa tenue : il porte un pantalon long, ce qui le différencie de l'aristocrate à la culotte courte et bas de soie (d’où leur nom de sans-culotte). Il est chaussé de sabots. Coiffé du bonnet phrygien rouge (rappelant l'affranchissement des esclaves) avec cocarde tricolore, il tient en main, dans les occasions importantes, la pique, symbole du militant

Après 1792, on le voit, à l'imitation des volontaires marseillais, porter la carmagnole, veste courte à gros boutons : une marque du patriotisme révolutionnaire. Les sans-culottes répandent les usages démocratiques : ils se tutoient et s'appellent "citoyens". Renonçant aux vieux patronymes (prénoms) de leur baptême, ils ont adopté des noms glorieux de l'Antiquité : Brutus, Gracchus... Pour eux, la délation ou dénonciation est un devoir, la Terreur un moyen légitime de défense, et ils vénèrent la sainte guillotine

II-  La guerre est déclarée

Le 20 Avril 1792, l’Assemblée déclare la guerre à l’Autriche.

Les Patriotes voient dans la guerre un moyen de consolider la Révolution.

Le roi, lui, espère qu’un conflit permettra la défaite des Patriotes et le rétablissement de son pouvoir.

Le 11 juillet, la Patrie est déclarée “en danger”.

Le 25 juillet, le Duc de Brunswick fait parvenir son “manifeste” : il menace de raser Paris si le roi et sa famille sont attaqués.

L’Autriche et la Prusse ont plusieurs raisons pour soutenir le roi de France:

- par “solidarité” monarchique, ils ont des liens familiaux (Marie Antoinette est archiduchesse d’Autriche) + le rôle des “émigrés” (restés fidèles au roi) que les Révolutionnaires accusent de complot aristocratique. Dans toutes les cours royales d’Europe, ils appellent à soutenir Louis XVI.

- par peur de voir leurs propres Etats gagnés par la Révolution.

A l’annonce du manifeste du Duc de Brunswick, les sections parisiennes et les militaires Fédérés (volontaires venus de tout le pays, dont les Marseillais) exigent la déchéance du roi.

Ils se retrouvent aux côtés des sans-culottes pour préparer l’insurrection (révolte) du 10 Août.

 

III-  Une 2o Révolution ?

Les sections, les fédérés et les sans-culottes s’emparent de l’hôtel de ville le 10 Août, et donnent l’assaut au Jardin des Tuileries. Louis XVI s’est réfugié à l’Assemblée Nationale mais il est enfermé à la Prison du Temple.

De ce fait, l’Assemblée est dissoute et un comité provisoire est chargé de l’exécutif.

= La France n’est plus une monarchie

Les “massacres de Septembre”:

Du 2 au 6 Septembre :  1500 prisonniers sont tués (“ennemis de la Révolution”: aristocrates, prêtres réfractaires ...au sein même des prisons) à cause d’une rumeur: peur d’un nouveau “complot aristocratique”+ les défaites aux frontières se multiplient, les ennemis se rapprochent de Paris

Après la de la victoire de Valmy (20/09/1792) contre les armées prussiennes, le prestige de la Révolution grandit. Elle permet d’arrêter l’invasion sur le territoire français.
Ainsi, le lendemain de cette victoire, le 21/09/1792, la République est proclamée.

La république de la Terreur 1792-1794

IV] De la République à la Terreur (1792-1794)

    A] La République en danger

La Convention est divisée (ils sont nommés en fonction de leur place au sein de l’hémicycle (salle) ou de leurs origines): à droite, les Girondins (les députés girondins (nombreux sont originaires du département de la Gironde) se méfient du peuple) défendent les principes de 1789; à gauche, les Montagnards (ces députés (qui siègent en haut des gradins à la Convention) sont proches des sans-culottes) veulent poursuivre la Révolution; au centre, la Plaine varie dans ses positions. Une nouvelle Constitution institue le suffrage universel masculin et des projets novateurs (soins gratuits, instruction obligatoire) dont l'application est cependant reportée après la paix.

 Le premier acte de la Convention est de juger Louis XVI, malgré l'opposition des Girondins. Le roi est condamné à mort et guillotiné le 21 janvier 1793.

En réaction, les rois européens forment une coalition (alliance) contre la France. Alors que la Convention enrôle 300 000 hommes, les paysans vendéens, les Chouans (insurgés royalistes de Bretagne et de Vendée hostiles à la Révolution de 1793 à 1800), refusent de défendre un régime qui a voté la mort du roi et qui persécute les prêtres : la guerre de Vendée commence.

    B] La Terreur montagnarde

Dès le printemps 1793, la Convention, de plus en plus dominée par les Montagnards, prend des mesures d'exception : instauration d'un Tribunal révolutionnaire pour juger les suspects et d'un Comité de salut public (composé de douze députés), qui exerce la dictature (concentration de tous les pouvoirs entre les mains d'un individu ou d'une assemblée) et conduit la guerre.

Le 2 juin 1793, les Girondins, hostiles à cette politique, sont arrêtés ; ils sont guillotinés en octobre. Les départements qui leur étaient favorables se soulèvent : la République semble vouée à l'échec.

La Terreur s'installe.
La levée en masse (service militaire obligatoire pour tous les hommes célibataires de 18 à 25 ans) assure le recrutement d'un million de soldats. Les libertés sont suspendues.
La loi des
Suspects permet d'arrêter et de juger tout ennemi - ou prétendu tel - de la Révolution (La DDHC est oubliée). En province, des représentants en mission conduisent la répression.
Un courant de
déchristianisation (volonté de supprimer toute référence chrétienne dans la vie quotidienne) pourchasse les prêtres, ferme les églises, impose un calendrier non chrétien ou révolutionnaire (les saints sont remplacés par des plantes, retour aux valeurs de la terre, de la nature exemple pour les mois ventôse, brumaire…). Les sans-culottes tentent de mettre en place le culte de la déesse Raison et Robespierre organise celui de l'Être suprême.
La loi du
Maximum fixe les prix et les salaires.

    C] La République sauvée mais ensanglantée

Au début de 1794, la République est sauvée : à l'intérieur les révoltes sont écrasées, à l'extérieur, les ennemis sont repoussés.

Les Montagnards se divisent à leur tour. Devant l'intolérance, le fanatisme de Robespierre, les députés de la Plaine, effrayés, votent son arrestation le 9 thermidor. Il est guillotiné sans jugement le lendemain.

AINSI LA TERREUR DESIGNE LA PERIODE DE SEPTEMBRE 1793 0 JUILLET 1794, DURANT LAQUELLE LE GOUVERNEMENT REVOLUTIONNAIRE UTILISE LA VIOLENCE CONTRE SES ENNEMIS DE L’EXTERIEUR (COALITION DES MONARCHIES EUROPEENNES ET EMIGRES) ET SES OPPOSANTS (LES VENDEENS).
LA LEGALISATION D’UNE TELLE VIOLENCE EST EN TOTALE CONTRADICTION AVEC LA DDHC. CETTE PERIODE EST UNE PAGE NOIRE DE LA REVOLUTION.

De l'échec de la république bourgeoise au coup d'état de Bonaparte et au début de l'empire napoléonien 1795-1804

V] L'échec de la République bourgeoise ou dite du « juste milieu » (1794-1799) :

    A] Une République contestée

 Vainqueurs de Robespierre, les Thermidoriens, députés modérés, mettent fin à la Terreur : le club des Jacobins est fermé; les suspects emprisonnés sont libérés (fin loi des suspects), les églises rouvertes (fin déchristianisation).

Mais, en 1795, les Thermidoriens doivent affronter une double opposition.

Celle des sans-culottes parisiens d'une part, qui réclament violemment le retour aux principes de 1793, la suppression de la loi du Maximum qui a entraîné la hausse des prix, tout en bloquant les salaires.

 Celle des royalistes d'autre part : certains participent à la Terreur blanche dans l'Ouest et le Midi; d'autres tentent de prendre le pouvoir à Paris, tandis que des milliers d'émigrés ont débarqué à Quiberon pour soutenir les Chouans. Toutes ces insurrections sont cependant écrasées.

    B] Une société fragilisée

 Une fois la Terreur terminée, la population respire, mais la situation économique et sociale demeure catastrophique. La situation des plus pauvres s'aggrave : chômage et famine progressent. Ces difficultés contrastent avec le luxe des nouveaux riches qui bâtissent des fortunes sur la spéculation (opération financière qui consiste à acheter à bon marché et à revendre quand les prix montent) et le ravitaillement des armées.
En 1796, le révolutionnaire
Gracchus Babeuf prépare un complot pour instaurer une «République des Égaux » : il est arrêté et exécuté.

La plupart des Français sont las de l'instabilité intérieure et des guerres. Beaucoup souhaitent un pouvoir fort, capable de ramener l'ordre, la paix et la prospérité (richesse).

    C] Une République qui s'appuie sur l'armée

En septembre 1795, la Constitution de l'an III (1795) institue un nouveau régime, le Directoire. Pour écarter tout risque de dictature, le pouvoir législatif est confié à deux chambres élues (le Conseil des Cinq-cents et le Conseil des Anciens) et le pouvoir exécutif à cinq directeurs. Le suffrage censitaire (seuls les hommes de plus de 25 ans payant l’impôt le cens peuvent voter) est rétabli.

Le rôle de l'armée s'accroît. Elle doit rétablir l'ordre, protéger le régime à l'intérieur et, grâce à ses conquêtes, éviter la faillite de l'État, ruiné par la guerre.

Rendu très populaire par ses victoires en Italie et en Egypte, le général Bonaparte est de retour à Paris en 1799. La situation politique est confuse : l'un des directeurs, Sieyès, complote pour renforcer l'exécutif et lui demande son appui. Par le coup d'État du 18 Brumaire (9 novembre 1799), Bonaparte renverse le régime et pose les bases de son pouvoir personnel. Il déclare que « la Révolution est finie» et installe un Consulat de 1799 à 1804.

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